Spread the love

hostieLe mal de Nati

 Au détour d’une entrevue avec un patriarche de la Commune de Natitingou, le mal qui ronge, ruine, mine et décime la cité a été révélé. Natitingou la belle, ville au ceux de la chaîne de montagnes de l’Atacora et qui a pris progressivement le diminutif Nati, comme Ouaga l’est pour Ouagadougou ou comme Bobo l’est pour Bobo-Dioulasso, souffre d’un malaise ; celui de la contradiction de ses élites d’une génération.

 Le mal de cette génération qui continue d’hypothéquer le développement de la ville de Nati n’est rien d’autre que les contradictions des cadres. Contradiction est l’action de contredire, ce qui signifie s’opposer à ce que quelqu’un vient de dire, une affirmation absolument contraire. En droit, c’est opposer des pièces ou arguments à ceux de la partie adverse. Dans cette optique, on dit couramment « de la discussion, de la contradiction ou de la confrontation jaillit la lumière » Nicolas Boileau affirme :  » au choc des idées jaillit la lumière.  » Mais à Natitingou, au lieu qu’au choc des idées jaillisse la lumière, la ville sombre. Elle sombre de la contradiction de sa superbe élite d’antan. Nati la belle, Nati la ville au creux de la chaîne des montagnes de l’Atacora a un avenir totalement semblable à celui que décrit Edem Kodjo dans « Et demain, l’Afrique » Une ville aux mille merveilles qui refuse de luire. Une ville qui dispose de tout, mais qui ne se développe pas en raison de la méchanceté et de la mesquinerie caractéristiques des Dahomey que peignait Emmanuel Mounier dans sa célèbre formule que tout le monde se plait à reprendre avec malice en se limitant au fait que le pays est le quartier latin de l’Afrique. Que feront les générations d’aujourd’hui et de demain pour Natitingou ? Là est toute la question.

Jean-Claude Kouagou