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hostieAtao, le schizophrène !

 « La consultation du psychiatre retrouve un trouble antio dépressif et propose son hospitalisation en psychiatrique. Il vient d’être ainsi transféré ce jour, le 30 avril 2018 en psychiatrie du Cnhu-Hkm pour continuer les soins en anxiolytiques et en antidépresseurs… » Telles sont les informations essentielles qui ressortent du rapport médical produit par Docteur Pamphile Assouto, Professeur agrégé d’anesthésie-réanimation, chef du service de la clinique universitaire d’accueil des urgences du Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou, réquisitionné par le procureur de la République près le tribunal de première instance au moyen de la réquisition n°106/Prc-2018 du 30 avril 2018 à l’effet de produire en urgence et sans délai le rapport médical détaillé relatif au dossier Mohamed Atao Hinnouho Mohamed Taofick, référé le vendredi 27 avril 2018 par le même procureur de la République, Ulrich Gilbert Togbonon.

Le rapport élucide tout le tintamarre qui a entouré la santé du député et réfute la thèse de sa bastonnade. En effet, rapport le procureur Togbonon le 1er mai 2018, qui cite le rapport médical, « au plan physique, Hinnouhou Atao Mohamed  Taofick n’a ni de blessures, ni d’œdèmes, ni de contusion des parties molles alors qu’il a déclaré avoir été molesté. Il ne peut y avoir de violences physiques sans œdème c’est-à-dire un gonflement de tissu. Qui plus est le scanner qui lui a été fait ne révèle aucune lésion physique des tissus. L’examen physique objective premièrement un bon état général et deuxièmement une douleur provoquée à la palpation des régions bas-thoraciques antérieures. Cependant, il existe un important ressentiment physique qui mérite des consultations chez les psychiatres. Les explorations para-cliniques, notamment le scanner cérébral cervical et thoraco-abdominal n’objectivent aucune lésion physique »…

Au total, c’est dans l’imaginaire que le député Atao a cru avoir subi des sévices corporels. Et pour les scénaristes, le passage du député du tribunal à l’hôpital rappelle le feuilleton de l’ex commissaire central de Cotonou, Philippe-Louis Houndégnon dans l’affaire « tentative d’empoisonnement. » En effet, l’officier de police judiciaire s’était découvert des qualités de chimiste trouvant que les produits incriminés contenaient des substances nocives pouvant donner la mort. Soit ! Alors, dans l’imaginaire, les coups reçus par le député dont le nom est cité comme principal accusé dans l’affaire « faux médicaments» ont affecté ses neurones. De fait, l’état de santé du député Atao ouvre la voie à toutes les spéculations sur les affections relatives à la démence, la folie, et plus généralement toutes sortes d’affections mentales au regard du rapport médical. Ainsi en a voulu la ruse du député qui circonscrit tout le débat sur son état de santé aux pathologies du système nerveux, de la schizophrénie et de troubles psychiatriques.

Les informations relatives à la santé des hommes relèvent du domaine de la vie privée. Et comme telle, la vie privée est protégée par les articles 13 et 32 du Code de l’information et de la communication en République du Bénin. La charte africaine des droits de l’homme et des peuples le reconnaît en son article. Qu’à cela ne tienne ! Le Code de déontologie de la presse béninoise, dispose en son article 4 que « (…) la publication d’informations qui touchent à la vie privée d’individu ne peut être justifiée que par l’intérêt public. » Il est un secret de Polichinelle que la vie privée des personnalités politiques, dans certaines situations n’est souvent pas frappée du sceau de la confidentialité.

Voilà pourquoi il est apparu nécessaire de savoir tout sur l’état de santé de l’élu national, Hinnouhou Atao Mohamed  Taofick après le simulacre orchestré de sa comparution devant le juge au lit des hôpitaux, où il peut se faire soigner avec des médicaments qui ne sont pas faux.

Jean-Claude Kouagou