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hostieDe Porto-Novo à…?
 Il faut une levée de boucliers pour assommer l’auteur de ce pamphlet. Il soulève une question qui dessaisit Porto-Novo de son statut de capitale politique. Il provoque indirectement une révision de la Constitution dont la conséquence serait un nouvel enseignement sur la nouvelle capitale. Et voici les arguments qu’il avance en faveur d’une nouvelle capitale digne pour le Bénin.
1. Il est une parfaite illusion que Porto-Novo, une ville sans plan d’urbanisation, est la capitale du Bénin. Dans les faits, le siège du gouvernement est à Cotonou. Les politiques publiques se décident à Cotonou.
2. Toutes les politiques de réhabilitation de la capitale Porto-Novo ont toutes échoué. La ville est réputée territoire d’édifices coloniaux de type brésilien, d’architecture désuète, traversée par des sentiers battus et des labyrinthes.  La ville-capitale tient la vache et Cotonou trait le lait.
3. Porto-Novo, comme Cotonou de même que Calavi sont des villes saturées, constamment exposées aux inondations cycliques et jonchées d’insalubrité.
4. Pour un pays en forme de bande de terre s’étendant du Sud au Nord sur plus de 700Km, il n’est plus raisonnable que les deux pôles de décisions soient aux extrêmes Sud en bordure de mer. Il faut qu’une région « ortho-centrée » abrite la capitale et favorise l’émergence du pays.
5. La Côte-d’Ivoire a créé une nouvelle capitale vers le Nord : Yamoussoukro à plus de 230 km en déménageant de la côte : Abidjan. Au Nigéria, la capitale est passée d’une ville côtière, Lagos, à plus de 530 Km au Nord à Abuja.
6. Yamoussoukro et Abuja sont des villes conçues et construites intégrant les ambitions et les aspirations de développement de la Côte d’Ivoire et du Nigeria.
Chaque Béninois, de son prisme d’observation, peut juger de la pertinence ou non de ces arguments. Parakou, la métropole du septentrion,se présente comme un jaune d’œuf enveloppé par les communes de N’Dali et de Tchaourou. Parakou ne dispose pas d’espace pour abriter une capitale politique. Par contre, Tchaourou, la commune la plus territorialement vaste du Bénin et peu peuplée dispose d’étendue de terres susceptibles d’abriter d’infrastructures dignes d’une capitale politique moderne. Pour ce faire, il faut que quelqu’un constate avec Marcel Pagnol que : « tout le monde savait que c’était impossible. Mais, il est arrivé un imbécile qui ne savait pas et qui l’a fait.» Cotonou est très en dessous du niveau de la mer. Le surpeuplement continu sur la ville et sur sa conurbation peut provoquer dans le futur un Tsunami qui engloutirait sous ses décombres des milliers de Béninois. Le compétiteur-né, l’homme des équations difficiles peut bien s’essayer. Dans la mise en œuvre de la déconcentration, il a réussi là où Mathieu Kérékou et Yayi Boni ont échoué. Il a en effet fixé les chefs-lieux des nouveaux départements et nommé les préfets des douze départements. Si le président Patrice Talon s’intéresse au sujet, il le conduira à terme. Le sujet requiert qu’on transcende les passions et les sentiments en tant qu’enfants du Bénin debout pour la patrie commune.
Jean-Claude Kouagou