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hostieL’odyssée d’un trio

 Ils ont noms Charles Toko, maire de la municipalité de Parakou, Rachidi Gbadamassi, député à l’Assemblée nationale, Samou Séidou Adambi, ministre de l’eau et des mines. Leurs chemins, divergents à un moment donné, se sont croisés sous le soleil de la Rupture. Et comme la Trinité, ce mystère du Père, du Fils et du Saint-Esprit qui forme un seul Dieu chez les Chrétiens, en l’occurrence les Chrétiens catholiques, le trio de Parakou mène depuis peu une aventure inédite pour le développement de la ville. Les convictions politiques personnelles de ces trois autorités ont fait d’elles des acteurs qui se croisent, se toisent, se réfutent et s’assemblent. Il semble que le destin a fini par leur déterminer un dénominateur commun.

En effet, à l’avènement de la décentralisation en 2002, alors que Charles Toko, l’actuel maire de Parakou, était loin de penser faire une carrière politique et n’avait pour passion que sa plume mise au service de ce que René Descartes appelle le bon sens, Rachidi Gbadamassi se faisait élire premier maire de la municipalité de Parakou. Surnommé le Buffle de Parakou, il avait en deux ans, de 2003 à 2005, prouvé très tôt qu’il était un homme d’actions et un politique pragmatique. Il a posé des actes qui ont rehaussé l’image de la municipalité. Mais des ennuis judiciaires lui feront perdre la direction de la mairie au profit du conseiller Samou Séidou Adambi, alors premier adjoint au maire. Rachidi Gbadamassi, l’élève de Mathieu Kérékou qui soutenait la candidature de Bruno Amoussou en 2006, était en opposition à Samou Séidou Adambi, lequel filait le parfait amour avec Charles Toko qui œuvrait corps et âme pour l’avènement de Yayi Boni. Dès 2009, c’est plutôt, par un revirement spectaculaire du G13, que Rachidi Gbadamassi a rejoint Samou Séidou Adambi au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Et Charles Toko s’est retrouvé seul.

Le deuxième dénominateur commun que partagent les trois acteurs politiques, c’est l’appartenance à un même territoire : Parakou.Par ailleurs, si Adambi est d’une certaine tiédeur, à l’opposé, Rachidi Gbadamassi et Charles Toko sont vifs et bouillants. Et le destin des tiers… Adambi réalisant que le Changement prôné par Yayi Boni était en panne, a rejoint de nouveau Charles Toko sur la rive de ceux qui n’entretenaient plus le parfait amour avec le Tyran de Tchaourou. Dans l’ « Alliance Soleil », ils ont fait des efforts d’émergence qui restent à consolider. Le désaccord du Conseil municipal avec le maire d’alors, Adamou Karimou Souradjou en 2016, a donné l’occasion aux élus municipaux de Parakou de jeter leur dévolu sur Charles Toko. A l’image de Gbadamassi, Charles Toko veut marquer d’une empreinte indélébile son passage à la tête de la municipalité de Parakou.

Il procède à une compulsion des archives, ressuscite les noms des administrateurs de la ville de Parakou depuis le temps du Colon jusqu’à l’ère de la décentralisation. Il fait réaliser leurs photos gravées contre les murs de bureaux, l’image de la succession des rois dans un panthéon. Charles Toko veut aller vite et bien. Il veut réaliser de grands exploits. Il est conscient de l’immensité de la tâche. Il est convaincu que l’hirondelle, seule, ne fait pas le printemps. Alors, son allié de tous les temps Samou Séidou Adambi épouse sa vision de développement et l’accompagne. Rachidi Gbadamassi qui a rompu les amarres avec son candidat Sébastien Ajavon est aussi convaincu de la vision de développement de Charles Toko. Les trois personnalités ont formé un trio parfait pour propulser loin le développement de la ville de Parakou. Leur odyssée intègre l’engagement du préfet du Borgou Djibril Mama Cissé, qui du haut de la préfecture, a un regard contemplateur et admiratif des actions du maire Toko, du député Gbadamassi et du ministre Adambi. Le quatuor a émerveillé les populations de Parakou avec l’acquisition d’engins lourds utiles pour les travaux publics dans la ville. Jamais, la Direction des services techniques de la mairie de Parakou n’a disposé d’autant de moyens pour endiguer les problèmes d’érosion et d’assainissement d’une ville en hauteur faite de pentes raides.

 Jean-Claude Kouagou