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hostieYayi, roi du Zaïre !

 Soutenir que l’ancien président de la République Yayi Boni a une affection de bougeotte n’est qu’une évidence eu égard à son envie permanente d’être constamment en mouvement. Au lendemain de ses dix ans de pouvoir, alors que la Constitution ne l’autorisait plus à être candidat pour la présidentielle, Yayi Boni s’est tout de même investi dans la bataille électorale. L’échec de son second et dernier mandat constitutionnel et celui de son candidat qu’il a imposé à ses militants l’ont mis hors de lui-même. Il n’avait plus qu’une Bible à offrir à son successeur, Patrice Talon, l’ennemi juré. Et là, c’était la détermination des Béninois qui ont choisi sans ambages entre l’ange inconnu Lionel Zinsou et le diable familial, Patrice Talon.

Il n’en fallait pas plus pour que l’ex-président, Yayi Boni, nostalgique des déplacements héliportés à longueur de journée dans le pays se replie à Parakou. Il a passé les premiers mois à s’entretenir avec ses idoles avec une stratégie tendant à diviser le pays. Cette attitude du président Yayi Boni, totalement aux antipodes du comportement de Mathieu Kérékou, traduit une certaine obsession pour le pouvoir. Yayi était à mille leies de penser qu’il sera un jour un simple citoyen. Le complexe d’Œdipe qu’il développe vis-à-vis du président Nicéphore Soglo faisait de lui « un one-man-show permanent sur les quatre chaînes de télévision. On ne nous montre que des soutiens apportés au chef de l’Etat, meetings, marches, messes, création de groupuscules. .. Alors on est stupéfait.». A la sévère critique que Nicéphore Soglo s’est livrée en 2008 sur Rfi, il ajoutait ce qui suit : « Depuis quelques temps, dans notre pays, à notre grande surprise, l’homme que nous avons aidé vraiment à succéder à Mathieu Kérékou ne croit absolument pas à la démocratie. Il pense fondamentalement que les peuples noirs ne sont pas mûrs pour la démocratie. » C’est sans ménagement que Nicéphore Soglo a comparé le Bénin au Togo. « Hier un universitaire du Togo a dit sa surprise de voir à quel point les programmes de télévision nationale du Bénin ressemblaient comme deux gouttes de larmes à ceux de la télévision togolaise au temps béni d’Eyadema Père. Je le dis d’autant plus que le Togo est en train de faire un effort que nous avons salué. Le jeune Faure est en train, avec tous les partis politiques, de jeter par-dessus bord les oripeaux de ce qui avait malheureusement handicapé ce pays ami et frère. Vous savez que le Togo nouveau du temps d’Eyadema-Père, la nouvelle marche du temps d’Eyadema-Père, le Timonier, le guide, tout ce qui venait du Zaïre, eh bien, on a le sentiment que nous avons repris tout cela à notre compte. Nous n’avons pas un guide, un timonier, mais nous avons un messie. »

La démocratie s’oppose fondamentalement à la monarchie. En démocratie les mandats sont définis et limités. C’est tout le contraire en régime monarchique. Or, Yayi se croit toujours le président d’un Etat imaginaire. Il a réussi à maintenir des caciques, fidèles indécrottables d’anciens ministres et secrétaire général du gouvernement autour de sa personne. Cela lui donne l’envie de vivre ; l’impression d’être un président en rivalité avec Patrice Talon qui n’a cure du populisme. Ce faisant, il donne l’occasion à ses détracteurs de le taxer de conspirateur qui rêve d’avoir éternellement droit de vie et de mort sur ses sujets.

A la différence de l’expression corporelle droite de Mobutu, du timbre audible et craintif, de sa verve, Yayi a une expression corporelle courbée enclin à susciter la pitié. Le ton mou et monotone, la démarche nonchalante, le Banquier a voulu être aussi fort que le Maréchal-Léopard qui avait fait des expériences de journaliste.

 Jean-Claude Kouagou