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hostieL’utopique école Fcbe

 Yayi Boni se découvre des qualités de Recteur d’université de sciences politiques. Son parti, les Forces cauris pour un Bénin émergents (Fcbe), est sur le point de créer une école de formation idéologique. Quelle noble entreprise ! Elle l’aurait été davantage si le passé du passé et la qualité des promoteurs ne révélaient pas de façon péremptoire qu’une telle entreprise relevait du domaine de la pure utopie. Même le Parti communiste qui met un point d’honneur sur l’éthique et la morale politique en matière de formation des militants n’est pas parvenu, pour l’heure, à créer une école de Parti. L’Ecole nouvelle démocratique et populaire de la Révolution du 26 octobre 1972, qui avait une visée de formation au militantisme n’a pu, durant son règne, instituer une véritable école de Parti. Et pourtant, elle avait l’avantage d’adhérer à l’idéologie marxiste-léniniste.

L’avènement d’une école de formation des jeunes à la chose publique n’est pas mauvais. L’avènement d’une école de formation des jeunes aux sciences politiques n’est qu’une initiative salutaire. L’avènement d’une école de formation des jeunes aux théories politiques n’est que souhaitable. L’avènement d’une école de formation des jeunes aux idéologies politiques ou courants de pensées politiques et même d’option doctrinale, n’est pas réfutable. L’avènement d’une école de formation des jeunes aux valeurs englobant l’éthique et la morale dans la conduite des affaires publiques manque cruellement. Alors, l’entreprise de création d’une école de formation des jeunes par un parti politique, dans le contexte béninois, paraît une entreprise exigible. Sauf qu’elle ne peut en aucun cas provenir de ceux qui ont contribué à faire toucher le bas le Bénin.

Oui ! L’effondrement des valeurs n’a atteint son paroxysme qu’avec le régime du président Yayi Boni. Il en a résulté des scandales de toutes sortes. Sous le yayisme, l’apprentissage à la vie facile s’était érigé en règle de gouvernance. Il suffisait en effet, d’organiser un meeting de remerciement, une messe d’action de grâce, ou de tenir un micro en qualité de maître de cérémonie, de chanter et danser à la gloire du chef, de déclamer un poème à la gloire du chef, pour se remplir les poches de billets de banque. Le yayisme s’était inspiré du populisme du roi du Zaïre. C’est ce que le chroniqueur Expédit Ologou a caricaturé par : « grandiloquences méprisantes ; humiliations de gens bien et de biens qui n’ont eu le seul péché que de n’être des gens de biens ; insulte à l’intelligence par concours frauduleux ». Les pratiques étaient telles que dans « ce pays, les esprits brillants se cachent parce que méprisés et les cancres se pavanent et gouvernent parce qu’excellents dans l’art de ramper ». C’est encore Yayi lui-même qui, selon Ologou, « par fallacieuse rodomontade à la limite du parjure, a tenté d’opposer les enfants du pays ».

C’est vrai que le Caméléon du 26 octobre 1972 a pu opérer une mutation passant du statut stoïque à l’homme de Dieu au point d’omettre à dessein la séquence « mânes des ancêtres » lors de sa prestation de serment le 4 avril 1996. Yayi, le « pasteur », veut-il opérer la mutation contraire, passant de l’homme de Dieu qu’il prétend être au politicien menteur ? L’entreprise de création d’une école de formation politique des jeunes à la tête de laquelle il se trouve montre des contrastes. Car, au lendemain de l’historique Ko électoral, encore retentissant dans les mémoires, Pascal Irénée Koupaki avait enfilé la toge de moralisateur sous la bannière de la Refondation que prônait son patron Yayi Boni. Mais très tôt, Pik qui prenait la marque de successeur du roi encore vivant sera brusqué dans son élan. Rétracté à la Primature, l’inspiration lui avait suggéré d’écrire le livre bleu, puis de créer l’école de la « Nouvelle conscience ». Où en est-on ? Yayi qui avait promis aux Béninois de devenir pasteur après La Marina ferait mieux de créer une école de théologie plutôt qu’une école de formation politique et d’éthique. Il n’en a pas les vertus.

Jean-Claude Kouagou