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 hostieRésurrection du Fard
 Barthélemy Kassa a exhumé le Front d’action pour le Renouveau, la Démocratie et le développement (Fard-Alafia). Le parti créé au lendemain de la Conférence nationale par les anciens barons du Parti de la révolution populaire du Bénin (Prpb) fit un raz-de-marée à l’Assemblée nationale. En effet, dès la deuxième législature du Renouveau démocratique, le Fard-Alafia fit sa glorieuse entrée au Palais des gouverneurs avec une dizaine de députés. Mais trop tôt, il atteignit son apogée. Car, après les moments de prospérité, il connut des crises internes préjudiciables à sa survie. Le Fard-Alafia se scinda en deux en 1998 et la partie dissidente prit le nom de Congrès Africain pour le Renouveau (Car-Dunya).
Comme le cycle de vie, le Fard-Alafia naquit, crut, mais sans vieillir, connut la mort avec son adhésion aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Déjà un second trimestre de l’année 2007, les militants chantaient le requiem du Fard avec la conviction que le glas avait sonné pour cette formation politique. Le parti devenu un coquillage n’avait plus les moyens de renouveler les mandats à ses élus. C’est alors qu’il se fit murer dans l’alliance des Fcbe.
 Pour Barthélémy Kassa, les termes du contrat de cession du Fard-Alafia aux Fcbe étaient limpides comme l’eau de rocher. Le Fard s’éclipsa pour soutenir les actions du président Yayi Boni qui a fini d’accomplir sa mission à la tête de l’Etat depuis l’an dernier. De ce fait, stop et fin aussi pour le contrat Fard-Fcbe. Or, après une décennie d’inactivité, le Fard était devenu inopérant. Les organes totalement désarticulés et les structures de base totalement altérées. C’est ce parti, qu’il faut rafistoler, que Barthélémy Kassa ressuscite. Il engage le parti à soutenir le Programme d’actions du gouvernement et confie au secrétariat exécutif du Fard-Alafia, la mission de remettre en selle les structures du parti.
Barthélémy Kassa sait que « qui veut voyager loin, ménage sa monture ». Il joue encore son avenir pour ne pas mourir prématurément en politique. Soutenir le Pag du président Patrice Talon, c’est s’inscrire dans la mouvance présidentielle. C’est se faire une place aux côtés du chef de l’Etat. Patrice Talon en a besoin pour l’atteinte de ses objectifs. C’est en considérant cette réalité, que les hommes politiques se livrent à la transhumance. Cadre et personnalité du Fard-Alafia, Barthélémy Kassa l’est. En ces qualités, il a assumé de hautes fonctions à la tête de l’Etat. Et comme ces fonctions ne laissent presque jamais saints leurs occupants, il faut en homme prudent savoir se prémunir d’éventuels conflits avec la justice. Dans ce sens, le soutien à tout régime en exercice fait différer d’éventuelles poursuites judiciaires. Et en renouvelant la stratégie, les infractions éventuellement commises à l’occasion de l’exercice de hautes fonctions peuvent tomber dans des délais de prescription. Ainsi, le Fard new-look redémarre comme une vieille locomotive qui siffle à la gare avec à son bord, Barthélémy Kassa…
 Jean-Claude Kouagou