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hostieL’hymne du président

 La vie sourit à Maître Joseph Djogbénou. L’agrégé des facultés de droit privé n’est point une nouille. Les nombreuses charges et les missions complexes qui lui ont été confiées par le chef de l’Exécutif ont fait de lui, après Abdoulaye Bio Tchané, une béquille. Mais très tôt, Joseph Djogbénou, dans l’action gouvernementale, a paru dans le système comme le ventre mou. Le scientifique qui épouse la vision du président de la République, Patrice Talon, a pourtant les couilles au cul. L’échec assumé de la révision constitutionnelle du 4 avril 2017 écrivait inéluctablement depuis cette date, le destin de l’avocat aux fonctions de président de la Cour constitutionnelle sans calcul.

Le candidat réformateur du système politique et institutionnel béninois, Patrice Talon, une fois à La Marina, a investi son ministre de la Justice des pouvoirs de conduire le projet de la réforme majeure relative à la révision de la Constitution. La méthodologie de travail était bien approuvée par la classe politique. Ainsi toutes les substances grises en la matière ont été consultées dans le creuset d’une commission instituée à cet effet et présidée par Joseph Djogbénou. Mais soudain, est survenue une brouille. La prise en compte de l’avis des membres de la Commission n’était que facultative. Et le projet de loi portant réforme constitutionnelle qui étaitl’initiative du gouvernement, a fait l’objet de virulentes polémiques. Introduit alors à l’Assemblée nationale, le projet a connu un bide. C’était l’échec de Djogbénou en sa qualité de bras opérationnel. Il devrait, en ce moment-là, avoir le cœur gros et barbouillé.

Seulement, à quelque chose malheur est bon. Le refus par le Parlement de prendre en considération le projet de loi portant révision constitutionnelle a maintenu en l’état les textes. Talon qui tenait à renforcer la démocratie béninoise à travers des réformes qui dépouillent les prérogatives exorbitantes du président de la République, n’a plus les moyens juridiques de ses rêves. Il demeure tout puissant comme ses prédécesseurs et est maître absolu de la vie politique nationale. Aux trois personnalités qu’il doit désigner pour siéger au sein de la Cour constitutionnelle, s’ajoutent les quatre que désigne le bureau du Parlement. Sur les sept conseillers de la Haute juridiction, la probabilité que la majorité arithmétique soit favorable au président de la République était désormais forte.

Le sévère réquisitoire de certains juristes de haut niveau contre sa personne et les critiques acerbes formulées à son encontre n’ont pas reçu l’écho escompté auprès de Talon pour faire tomber Djogbénou en quenouille. Le chef de l’Etat lui a plutôt renouvelé sa confiance, le  27 octobre 2017, à l’occasion du remaniement ministériel. Il est confirmé au poste de garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la législation. Il a été ennobli par le choix des députés et celui de ses collègues conseillers de la 6ème mandature de la Cour constitutionnelle pour assumer la fonction présidentielle.

 La taille au-dessus de la moyenne, le teint d’ébène, la corpulence moins effilée que celle du président Paul Kagamé, le faciès ovoïdal, la moustache soigneusement taillée, la mandibule munie d’une admirable fente dentaire, le visage vacillant entre la fermeté et le sourire au gré des circonstances, Joseph Djogbénou est un Universitaire chevronné. Son timbre audible et stéréophonique, son style rhétoriqueur axé sur l’anaphore et parfois enclin à la satire l’ont distingué des cadres de sa promotion. Face aux calomnies et médisances, Djogbénou, oppose à ses détracteurs une déconcertante assurance. Ainsi, à la différence de ses six autres collègues qui ont pointé le ciel de leur bras, à l’image de la statue du roi Béhanzin à Abomey, le prince Djogbénou a ouvert la paume à la hauteur de la tempe face au micro pour prononcer son « je le jure » lors de la prestation de serment mercredi 6 juin 2018.

Sur d’autres considérations, Me Joseph Djogbénou a été président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale 7ème législature avant d’aller au gouvernement. Né le 20 mars 1969 à Abomey, il a adhéré au projet de société de Patrice Talon pour renoncer à ses propres ambitions d’être candidat sous la bannière de son parti « Alternative citoyenne ». Il est attendu qu’il dirige avec sagesse la Haute juridiction.

 Jean-Claude Kouagou