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hostieDu mouton au cabri

 Les vrais professionnels des médias d’aujourd’hui refusent d’assumer leurs responsabilités. Il faut tout décider pour eux, sans eux. Et pourtant, c’est au bout de l’effort que se trouve la réussite. Les acteurs des médias d’hier qui se sont battus pour la corporation tirent aujourd’hui grand profit des hautes luttes qu’ils ont menées. Ils sont comme des renards très futés qui veillent à ce que ceux qui les ont succédés dans la pratique quotidienne du métier de journalisme soient assujettis au  statut de moutons. Et eux aussi semblent l’accepter et l’assumer.

La fin du printemps 2019 coïncidera avec la fin des mandatures en cours des différentes institutions des professionnels des médias. La plus prestigieuse de ces institutions est la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Les mandataires prennent le nom de Conseillers. Ils appartiennent à l’Instance de régulation des médias qui est une institution constitutionnelle. Les Conseillers à la Haac ont rang de ministres. Donc, des personnalités de la République. Sur les neuf qui siègent à la Haac, trois sont désignés par l’Assemblée nationale. Trois autres tiennent leur légitimité de la signature du Chef de l’Etat qui les nomme et qui nomme parmi les proposés le président de la Haac. Les trois derniers, tous des professionnels des médias, pour être Conseillers, sollicitent les suffrages universels de leurs pairs à travers des élections qui se tiennent le même jour sur toute l’étendue du territoire national.

Pour être désigné Conseiller à la Haac par le Chef de l’Etat ou le Bureau de l’Assemblée nationale, il faut être un homme de grande réputation, de grande probité et homme de confiance. En somme, les choix relèvent du pouvoir discrétionnaire des Autorités qui nomment les conseillers. Dans ce contexte probabiliste où l’issue est incertaine pour ceux qui nourrissent des ambitions de porter le titre de Conseiller à la Haac, il est préférable pour les compétiteurs éligibles par leurs confrères, de faire savoir leurs intentions et de solliciter leurs suffrages. C’est bien à cette condition qu’on peut espérer, au terme d’élections bien disputées, siéger à la Haac. Qui veut voyager loin ménage sa monture. C’est ce à quoi se livrent en premier lieu les principaux responsables des Associations faîtières. Le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Franck Kpochémè, le président du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa-Bénin), Basile Tchibozo, le président de l’Observatoire de déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem), Guy-Constant Ehoumi seraient dans les starting-blocks. Le Rédacteur en chef du journal l’Expression, Brice Ogoubiyi est, lui aussi, dans la course pour l’élection des trois conseillers à la Haac par les professionnels des médias. La liste n’est peut-être pas exhaustive.

Ambition noble pour tout acteur de la presse qui a totalisé quinze ans d’expériences. Seulement, il est à s’interroger sur  les motivations qui poussent les responsables des associations faîtières à être candidats aux fonctions de conseillers à la Haac, alors même qu’ils sont à un an de présenter les résultats pour les mandats qui leur ont été confiés. Il y a les uns qui sont faits pour jouir des privilèges de la profession et d’autres condamnés à servir d’échelle. Charles Toko appelle ces derniers des moutons. Il s’agit de quadrupèdes mammifères ruminants qui bêlent et qui semblent être dépourvus de toute intelligence. D’autres sont des renards, donc des mammifères carnassiers qui comme des requins se servent des fretins. Ce qui étonne, ce n’est pas l’attitude des responsables d’Association à devenir des Conseillers de la Haac, mais c’est le refus des  »moutons », à défaut d’aspirer être des renards, d’ambitionner d’être des  »cabris ». A quand l’heure de l’éveil de la conscience ?

 Jean-Claude Kouagou