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hostieL’imparable décennat

 Talon 10 ans ! L’exclamation n’est pas un slogan à la gloire du Locataire de La Marina. Elle est la synthèse d’une analyse prospective. A la vérité, pour reprendre les propos de Jacques Attali, dans « Demain, qui gouvernera le monde ? » « Quand on écrit un essai à visée prospective, on aimerait parfois avoir tort et ne pas voir se réaliser ses prévisions … On aimerait aussi, au contraire, voir surgir, au loin, dans les brumes du réel, la première esquisse de ce qu’on a rêvé de meilleur. » Il en va aussi pour « L’imparable décennat », sujet de ce numéro de Hostie. Bien des événements se succèdent depuis le 6 avril 2016 et semblent, non seulement « porter en triomphe » le président Patrice Talon, mais le créditer d’un second mandat à son corps défendant.

Vingt-huit mois se sont écoulés depuis le début du quinquennat pour lequel Patrice Talon est élu à la tête de la République du Bénin. Sur les 60, il lui reste 32 mois. Au cours des mois à venir, le président Patrice Talon devra travailler à inverser la tendance qui caractérise le climat sociopolitique actuel. Là-dessus, les avis sont divergents. Il y a naturellement ceux qui, sans modestie, pensent que tout va bien dans le pays. Comme dans tout régime politique, ce sont ceux qui chantent et dansent à longueur de journée à la gloire du chef. Il y a ensuite les érudits qui soutiennent que tout va mal. Enfin, il y a ceux qui sont réalistes. En premier lieu, figure le chef de l’Etat lui-même. Patrice Talon, se fondant sur les renseignements, sait ce que vit son peuple. L’entretien qu’il a eu avec la presse nationale à la veille de la célébration de la fête nationale le 31 juillet 2018 le démontre éloquemment. Mais alors, le président de la République reste imperturbable. Les crises sociales résultent des chocs des réformes dont certaines ont conduit à la fermeture des vannes qui nourrissaient de manière indue les réseaux mafieux et les chapelles politico-économiques au mépris des valeurs civiques et de la morale. La patience que le Patron de La Marina sollicite encore de son peuple qui attend tout de lui est la preuve qu’il sait ce qui se passe dans le panier de la ménagère. En conséquence, dans l’action publique, il se presse de remédier durablement et efficacement à la crise sociale. Le gouvernement déploie des énergies pour présenter en fin de mandat un bilan qui résulte de l’œuvre d’Hercule méthodiquement menée. Le peuple est désormais impatient de savourer les délices de la réalisation du projet Asphaltage dont les travaux ont été lancés dans les grandes villes du pays.

Le rétablissement progressif des valeurs citoyennes à travers la restauration de l’autorité de l’Etat, la lutte contre la corruption, l’assainissement et la maîtrise des dépenses publiques affaiblissent les démarcheurs politiques et les vendeurs d’illusion qui ne savent plus à quel saint se vouer. Ils sont dans la tourmente.  La ruse de l’opposition la dessert. Elle en apprendra à ses dépens. Car, l’attitude qui consiste à toujours rejeter ou bloquer certaines initiatives entrant dans le cadre des réformes institutionnelles et structurelles est suicidaire. En l’état actuel des textes de la République, Patrice Talon disposera de ses hommes dans toutes les instances de prises de décisions. Par devoir d’allégeance au chef, il bénéficiera en retour des services bienveillants de ses partisans. C’est la conséquence du jusqu’au boutisme de l’opposition qui a dressé inconsciemment le tapis rouge au président Patrice Talon. A moins qu’elle ait des moyens puissants de contrer les velléités de réélection du chef de l’Etat sortant.

Jean-Claude Kouagou