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hostieAux mécréants
 Il faudra peut-être attendre les manifestations du 1er août 2017 pour convaincre les incrédules du retour du chef de l’Etat à Cotonou. Après les soins médicaux au terme desquels il a recouvré sa santé, le président de la République, Patrice Talon était dimanche 09 juillet 2017 à l’église Notre Dame de Miséricorde de Cotonou. Dans un cadre strictement familial, il est allé rendre grâce à Dieu en participant à la célébration eucharistique. Depuis la fin du mois de mai, c’est la première fois que le chef de l’Etat fait son apparition en public. Ce déplacement a-t-il convaincu les sceptiques ?
Les Saints Thomas étaient nombreux à médire beaucoup de choses du président de la République. Pour certains, Patrice Talon est paralysé. Ils se demandaient si les prédications de Koffi Aza allaient se réaliser ? D’autres radotaient en certifiant que le chef de l’Exécutif ne vit plus. Ceux-là ont visé l’article 50 de la loi fondamentale et envisagé comment le président de l’Assemblée nationale devrait assurer la vacance du pouvoir. C’est à peine qu’ils se sont abstenus de composer le numéro de téléphone de Me Adrien Houngbédji pour lui rappeler de s’apprêter à prendre le pouvoir. De mauvaise foi, ils ont tout dit du président Patrice Talon. A l’inverse et de bonne foi, des citoyens ont exprimé des inquiétudes, des appréhensions au regard des nombreuses charges conférées au président de la République. Elles sont si nombreuses et certaines ne se délèguent pas. Même en cas de vacance de pouvoir, le président de l’Assemblée nationale n’est pas fondé à exercer les prérogatives énumérées aux articles 54 alinéas 3, 58, 60, 101 et 154 de la Constitution. Dans cette hypothèse, le pays tourne au ralenti. D’où la justesse de ces inquiétudes.
Comme des faits d’histoire se reproduisent de différentes manières, la dégradation temporelle de la santé du premier magistrat, rappelle ce qu’avait vécu le Roi du Toba (un rythme musical de Savalou), Ezin Gangnon au début des années 90. En effet, à la suite d’un accident de circulation, les oreilles de l’artiste chanteur hospitalisé au Cnhu de Cotonou, avaient beaucoup entendu. Rétabli, Ezin Gangnon consacre un titre à cet épisode de sa vie. Il fait savoir qu’on ne peut pas être aimé de tout le monde. « Ce n’est d’ailleurs pas souhaité », soutient-il. Et à ces détracteurs, il oppose : « c’est de la gueule présumée cassée de l’artiste, que viendra désormais l’inspiration ».
L’élu de la Nation qui incarne l’unité nationale n’a de réplique pour ses détracteurs. Sous cette même rubrique, le 19 juin 2017, nous écrivions que « le citoyen ne demande pas ce qui est semé », proverbe Ditammari, une langue de l’Atacora. Le citoyen, c’est l’habitant de la cité qui n’est pas un passant. Avec un peu de patience, il découvre par lui-même le type de semence mise en terre. Que Patrice Talon soit paralysé pour les esprits malins, ou mort pour les extrémistes, les adversaires du régime ont désormais de quoi se convaincre que le chantre du Nouveau départ a repris ses forces. Talon se consacre depuis son retour le 05 juillet 2017 aux charges pour lesquelles il a été élu. Aux mécréants d’attendre le 31 juillet 2017, veille de la célébration des 57 ans de l’indépendance nationale, son discours sur l’état de la Nation,  pour se convaincre que Talon est là…
Jean-Claude Kouagou