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hostie-1Repenser le mess

Par définition, le mess des officiers est une cantine, un restaurant militaire pour officiers et sous-officiers. Il doit être un cadre attrayant disposant de bars pour « Very important person (Vip). » Il faut y intégrer des restaurants pour Vip destinés aux civils qui voudraient se régaler au mess des officiers. Il faudra intégrer à ce projet des restaurants qui ne sont pas pour des Vip, mais destinés à des officiers qui ne voudraient pas se retrancher dans des bars climatisés. En somme, le mess des officiers doit ressembler à un complexe hôtelier qui offre des standings de gammes variées pour ses officiers supérieurs et ses visiteurs civils.

Les restaurants pour Vip exclusivement destinés aux personnels militaires et leurs hôtes, sont des cadres de sérénité. De tels cadres soustraient les officiers militaires des yeux du public. Ils sont propices aux échanges et à la nature quelque peu réservée des militaires. En concevant un tel chef-d’œuvre, les autorités militaires créaient ainsi un couvent fréquentable par les soldats qui gouvernent l’armée dans toutes ses composantes. Or, tel que le mess des officiers de Cotonou se présente aujourd’hui, il n’offre pas un cadre  digne de réception aux heures de pause pour les respectables militaires. Ils sont bien obligés de commander des repas aux subalternes et de se régaler dans leurs bureaux. Les plus méfiants se dotent de chauffe-eau et de casse-croutes pour tenir le ventre jusqu’à la fin de la journée et de combler leur ration alimentaire en famille. Le défaut d’un mess des officiers digne de nom, fait cultiver ainsi la solitude et l’individualisme, de même qu’il ne rend plus humaniste la vie des hommes en uniforme. Par ailleurs, pour des raisons économiques, le mess des officiers doit offrir ses mets au public.

Les installations du mess des officiers repoussent assurément les Hauts gardés de l’armée béninoise. Depuis combien d’années les contre-amiraux, les capitaines de vaisseau, les capitaines de frégate, les capitaines de corvette, les intendants militaires, les chefs de bataillons, les lieutenants colonels, les colonels, les généraux et plus spécifiquement les chefs d’Etat-major des armées de terre, des forces aériennes, des forces navales et autres officiers supérieurs de l’administration militaire ne fréquentent plus le mess des officiers de Cotonou ?

L’autorité militaire compétente est interpellée pour rebâtir le mess des officiers du camp Ghézo de Cotonou. Pour ce faire, il lui faut aller à la chasse d’idées nouvelles afin de concevoir un mess des officiers de normes modernes. Alors l’officier supérieur habilité à satisfaire cette exigence, à l’image d’un Général face à un Comte n’a plus qu’à dire « à mes devoirs ! »

Le projet de rénovation du mess des officiers de Cotonou, conduira inéluctablement à remodeler les bâtiments vétustes, réfectionner les salles de toilettes incommodes, qui donnent l’impression que le mess tombe en ruine. S’il faut maintenir l’architecture des paillottes, il faut aussi les remettre en très bon état. Celles qui servent de cadre ne peuvent que repousser les visiteurs prestigieux. Il y a lieu de repenser le mess des officiers de Cotonou en le rendant plus confortable. En matière d’offre de menus, elle est limitée à des barbecues traditionnels qui servent à la grillade de poissons et de viande de porc. Un tenancier d’igname pilée s’ajoute aux vendeurs de produits de cafeteria. C’est bien maigre pour une fréquentation régulière de hauts gradés.

 

Jean-Claude Kouagou