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hostieL’icône Claudy Siar

 Quel que soit le substantif ou l’adjectif qui accompagne le nom Claudy Siar, le choix exclusif, de l’un ou l’autre des attributs, restreint la dimension et la qualité intrinsèque de la vedette de Rfi. Avocat ? Oui. Il l’est dans la peau du défenseur. Dénonciateur ? Oui. Il l’est dans la posture du professionnel des médias. Justicier ? Oui. Il l’est dans la perpétuelle recherche de l’équité. Claudy Siar, promoteur de l’émission Couleurs Tropicales sur Rfi s’est engagé pour les causes nobles afin d’inscrire à sa manière son nom dans l’histoire de l’humanité. La justice, la gouvernance, l’esprit de liberté et d’équité sont ses champs de prédilection. Il partage la même conviction qu’Alexis de Tocqueville pour qui « lorsque le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. »

Claudy Siar est l’homme qui prend des positions tranchées contre toutes les formes d’injustices. Les pratiques inhumaines, humiliantes et honteuses. A cet effet, il produit des enregistrements audiovisuels dans lesquels ses coups de gueule interpellent les leaders du monde. Il envoie des pics pour stigmatiser les anomalies. Il donne des uppercuts verbaux aux leaders politiques. Il s’est approprié la pensée de Jean-Paul Sartre qui, à la conférence générale de l’Unesco en novembre 1980, soutenait dans sa communication sur la responsabilité de l’écrivain ce qui suit : « ce qu’il faut éviter simplement pour nous écrivains, c’est que notre responsabilité se transforme en culpabilité si, dans cinquante ans, on pouvait dire : ils ont vu venir la plus grande catastrophe mondiale et ils se sont tus. » Siar ne veut pas s’éloigner des attributions des hommes des médias. Ces attributions définitoires peuvent se résumer au rôle du phare d’Alexandrie, ce monument de l’Egypte : orienter, éclairer, guider.

Ces dernières années, les réactions promptes et fortes sur deux grands sujets ont propulsé Claudy Sir sur la toile. Il s’agit de l’esclavage en Libye et le droit de reconnaissance et de propriété sur les découvertes à un chercheur gabonais. Le 17 novembre 2017, Claudy Siar critique la vente de migrants noirs rendus esclaves et révélée par un reportage de Cnn en Libye. Il n’avait jamais été autant violent et désagréable dans ses propos. Samedi 18 novembre à Paris, à l’appel du Collectif contre l’esclavage et les camps de concentration en Libye, plusieurs milliers de personnes se mobilisent. La réaction de Siar suscite celle du président Emmanuel Macron qui, le 22 novembre dénonce des « crimes contre l’humanité ». Paris réclame une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter des actions à mener pour lutter contre l’esclavage en Libye.

Le deuxième théâtre de bataille est celui de la reconnaissance de mérites aux Africains. Pour Claudy Siar, « le savoir est une arme, la solidarité un devoir. Donatien Mavoungou est l’inventeur du traitement Immunorex contre le Vih-Sida. Jusque-là aucun média international n’en parle, pire même les médias africains ne disent rien. Il n’a pas encore reçu l’autorisation d’une institution internationale qui lui permet de commercialiser son produit. Soutenons notre frère pendant qu’il est encore vivant et ce jusqu’à la mise sur le marché de son produit. » Ce cri de cœur de l’animateur de Couleurs tropicales, est celui d’un patriote africain. Joseph Ki-Zerbo disait que si l’Amérique était le berceau de l’humanité, Cnn rabâcherait tous les jours les oreilles de ses auditeurs de cette information afin qu’elle soit spontanée dans la mémoire des gens. Que font les médias africains pour promouvoir les inventions et les découvertes menées par les Noirs ? Telle est la problématique.

Les recherches du professeur Mavoungou portent sur un sujet de préoccupation mondiale et d’enjeu planétaire : le Sida. Qui des Blancs, des Noirs, des Jaunes, découvriront le médicament contre ce virus ? Selon les stéréotypes, et ce malgré les tests sur 12.000 personnes qui se révèlent encourageants, il est dénié à Immunorex le pouvoir de guérir le Sida. Claudy Siar, célèbre en Afrique et aux Antilles, successeur de Gilles Obringer décédé le 4 février 1995, a déjà remué le couteau dans la plaie.

 Jean-Claude Kouagou