Spread the love

hostieUn tilde sur Yayi

 Il se précise le nouveau rapprochement entre le président d’honneur des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Yayi Boni et le président du parti Restaurer l’espoir, Candide Azannaï. Dans une fable Fon, l’écureuil qui a laissé échapper ses traces d’urine dans l’océan dit : « même si c’est une quantité négligeable, cette urine ne demeure pas moins une quantité. » Il faut le reconnaître, Candide Azannaï avec Yayi Boni, c’est comme un tilde sur une lettre pour lui changer de consonance ou de phonétique. Restaurer l’espoir est un soutien marginal pour les Fcbe, surtout lorsqu’on tient compte de l’environnement juridique qui régira les prochaines élections. Restaurer l’espoir s’est toujours comporté en parasite. 

Il faut reconnaître les mérites et les qualités intellectuelles de Candide Azannaï. Tout cadre, tout littéraire reconnaîtra à Candide Azannaï, la beauté des discours du président de Restaurer l’espoir. L’usage à bon escient des figures de style, le niveau de langue réservé à des hommes de culture attestent bien que Candide Azannaï, que l’ancien président Nicéphore Soglo appelle le philosophe de Jonquet, est un cadre chevronné. Depuis 1995, il n’a de cesse siégé au Palais des gouverneurs. Ces premières expériences ont été effectuées sous la bannière de la Renaissance du Bénin (Rb) de Me Rosine Vieyra Soglo. Puis, Candide a acquis progressivement l’expérience des pratiques politiques et parlementaires. En d’autres termes et pour reprendre les propos de Marcel de Souza, qui traitait Yayi Boni de Maradona national, Candide, n’était plus que Voltaire. Il a appris à devenir un dribleur et détient un palmarès impressionnant.

Après la Rb, Candide Azannaï rompt les amarres avec les Soglo et file un parfait amour avec Yayi Boni qui le nomme ministre en charge du commerce en 2010. Il reste dans le secret du retentissant KO historique de 2011 qui a renouvelé à Yayi Boni le dernier quinquennat. Mais, quand il fut évincé du gouvernement, il entretient le désamour qui a failli lui coûté la vie en 2015. Les dissensions sont profondes. Et Candide tempête. Il vocifère et menace de révéler les dessous du KO. Il manifeste son attachement à Patrice Talon que Yayi Boni avait contraint à l’exil. En 2016, il fait partie du premier gouvernement du nouveau président, Patrice Taon. Le portefeuille de la défense lui est confié. Mais environ une année après, il tombe en disgrâce avec Talon et quitte le gouvernement avec fracas.

Candide, politiquement versatile qui a travaillé avec le président Soglo, le président Yayi et le président Talon s’apprête à rejoindre son ancien bourreau le tyran de Tchaourou. Qu’apportera Restaurer l’espoir de Candide Azannaï aux Forces cauris pour un Bénin émergent ? En dehors de sa verve et celle de son Joker, Guy Mitokpè, Restaurer l’espoir s’apparente à un duvet qui n’apportera rien de consistant à ce parti politique dont le président Valentin Agossou-Djènontin est dans des procédures judiciaires, en sa qualité d’ancien ministre.

Les mouvements va-et-vient de Candide, ses « infidélités politiques dans un régime démocratique », pour reprendre François Awoudo, est une parfaite illustration de ce que le confrère Feu Tingbo Folly Louis (TFL) traduit par l’expression pittoresque : « les mêmes cadres produisent les mêmes dégâts. » Dans une de ses chroniques sur la radio Planète, cristallisait, stigmatisait, le comportement des cadres béninois qui, un jour, se trouvent avec un dirigeant et sans raison valable, le lendemain le combattent. Le nouveau rapprochement de Restaurer l’espoir avec les Fcbe augure-t-il d’un espoir pour cette alliance dans le cadre des futures joutes électorales ?

 Jean-Claude Kouagou