Spread the love

hostie-4-1Guerre des logos

 Dans le double esprit de la Charte des partis politiques et du Code électoral, le président Patrice Talon a voulu limiter ses soutiens à deux grands ensembles. Et déjà, il se pose au sein des nouveaux rassemblements la guerre des logos. Lequel des partis, ou alliances ou coalitions attribuera son logo au nouveau regroupement ? That is the question. En attendant de résoudre cette épineuse équation, il est à reconnaître que l’option en faveur de deux partis autour du président de la République permet d’avoir peu d’interlocuteurs lors des échanges plutôt que d’avoir en face un nombre indéfini de leaders politiques aux intérêts divergents. La séance de travail que le Chef de l’Etat a eue, dimanche 16 septembre 2018, avec les présidents des partis politiques, les personnalités soutenant son action a recadré les intentions.

Depuis plus de six mois, il se dessinait autour du président Talon, en dehors de quelques groupuscules isolés, trois grands blocs : le bloc fédérateur du Parti du renouveau démocratique avec pour étoile polaire Me Adrien Houngbédji, le bloc dénommé « Dynamique unitaire » ayant pour caractéristique presque tous les leaders de la région septentrionale et le « Bloc progressistes » dominé par des leaders de la région méridionale. Mais depuis le 16 septembre, les données ont changé. Le Prd qui inféodait quelques formations politiques marginales a décidé de rejoindre le bloc « Dynamique unitaire ». L’Udbn de Claudine Prudencio aussi. L’arrivée de ces deux entités politiques renforce l’And de Valentin Houdé et le Mesb du professeur François Abiola pour ôter à « Dynamique unitaire » son caractère de regroupement des Nordistes. Cette configuration rappelle le rapprochement dans le passé historique où Marcellin Sourou Migan Apithy avec son Prd se mettait ensemble avec Hubert Maga pour le triomphe de leurs idéaux.

Dans cette foire de structures politiques, chacune d’elle apporte ses attributs et son emblème. Dans le cas de « Dynamique unitaire », le Prd qui célèbrera bientôt ses noces de perle, a, dans un communiqué officiel signifié que l’accord intervenu entre les différentes formations porte essentiellement sur trois points dont celui relatif au logo du parti en création. Il « comportera le logo du Prd dans son intégralité et sans mutilation aucune. » Sur la syntaxe, un logo qui intègre « intégralement un autre sans mutilation aucune » est un chevauchement. Dans l’hypothèse que l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt) du parti en création s’accroche aux mêmes exigences, que l’Alliance Soleil, l’Udbn, le Fard-Alafia tiennent à leurs attributs sur le logo du parti en création, il ressemblera à une toiture chinoise. A l’aune de ses expériences, la position du Prd paraît légitime et compréhensible dans la mesure où le parti de Me Adrien Houngbédji est devenu une religion pour les électeurs de l’Est du pays. L’arc-en-ciel du Prd a d’ailleurs de fortes similitudes avec l’emblème du Christianisme céleste. Alors, faire disparaître le logo du Prd dans une fusion de partis politiques, c’est comme l’ensevelir. Mais, il y a l’objectivité et le bon sens qui doivent prévaloir.

En « remettant à plat » les démarches et le processus de création du parti qui naîtra à partir de « Dynamique unitaire », il est plus indiqué que toutes les parties prenantes acceptent non pas seulement de perdre une partie de leurs identités, mais de renoncer totalement à leurs existences. Il s’agit d’une option salvatrice douloureuse qui concourt réellement sans arrière-pensée à la réorganisation du paysage politique dans le cadre de la réforme du système partisan. Chaque entité, en renonçant à son être, facilitera aux graphistes qui seront commis à la tâche de la réalisation du logo de concevoir des attributs novateurs et fédérateurs. Il suffira de mettre à la disposition des graphistes les termes de référence correspondant aux aspirations des coalisés. Tout le monde le sait, l’esthétique d’un logo réside dans sa simplicité. Tous les acteurs de tous les blocs doivent transcender leurs égos pour le bien du pays.

 Jean-Claude Kouagou