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hostie-4-1Parakou se démarque

 A la différence des autres circonscriptions administratives, Parakou se démarque par la parfaite symbiose qui se vit jusque-là entre l’Exécutif et le Législatif. Le pouvoir exécutif ici est perçu comme étant les entités dépositaires de l’autorité de l’Etat. Il s’agit donc de la préfecture de Parakou placée sous l’administration de Djibril Mama Cissé, de la mairie dirigée par Charles Toko. En effet, si la municipalité, il est vrai est une entité décentralisée, il est tout aussi vrai qu’elle n’est pas une République dans une autre. Au terme de l’article premier de la loi 97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l’administration territoriale, « l’administration territoriale de la République du Bénin est assurée par les autorités et services déconcentrés de l’Etat et par les collectivités territoriales décentralisées dans le cadre défini par la présente loi. »

L’alinéa premier de l’article 10 de la loi 97-028 stipule : « le préfet est le dépositaire de l’autorité de l’Etat dans le département. En cette qualité, il est l’unique représentant du gouvernement et de chacun des ministres pris individuellement. » Article 21 précise :

« il est institué dans la structure administrative territoriale de la République, des collectivités territoriales décentralisées dotées de personnalité juridique et de l’autonomie financière.» L’alinéa premier de l’article 22 dispose : « les collectivités territoriales décentralisées visées à l’article 21 prennent la dénomination de commune. » A la lumière de ces dispositions légales, et par une relation de transitivité, la collectivité territoriale est un prolongement de l’autorité de l’Etat. Pour preuve, elle a reçu délégation d’assurer la fonction « d’officier d’Etat civil et d’officier de police judiciaire… », article 69. En conséquence, le maire et le préfet sont d’une manière ou d’une autre des représentants du pouvoir exécutif.

Il s’établit à Parakou une parfaite entente entre le ministre en charge de l’Eau et des mines, Samou Séidou Adambi, le préfet du département du Borgou, Djibril Mama Cissé et le maire de la municipalité de Parakou, Charles Toko. Dans ce système, le Législatif est représenté par le député Rachidi Gbadamassi qui, depuis 2007, siège au Palais de gouverneurs à Porto-Novo. Le quatuor se donne la main pour non seulement accompagner les actions du président de la République, Patrice Talon, mais aussi relever les défis spécifiques pour le développement de la commune de Parakou.

Ce n’est pas si spécial. Car, en 2007, pour le compte de la 8ème circonscription électorale, la municipalité de Parakou avait enregistré deux députés : Samou Séidou Adambi qui soutenait les actions du président Yayi Boni au moment où il y croyait et Rachidi Gbadamassi élu avec ses propres forces et qui n’était pas en phase avec Yayi. Alors que Soulé Alagbé était maire de Parakou, Alassane Gado était le préfet du Borgou-Alibori. Le pouvoir de Yayi bénéficiait du soutien du préfet, du maire et du député Adambi, jusqu’au moment où il découvrit que le « Changement était en panne. » Une sorte d’osmose s’était opérée avec le départ de Adambi de la mouvance vers l’opposition et le passage inattendu de Gbadamassi vers les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Entre-temps, c’est Denis Ali-Yérima qui a pris les rênes de la préfecture de Parakou. Quand il est allé par la suite au gouvernement en tant que ministre de la Défense, Salimatou Kora Kponou avait en charge l’administration de la préfecture avec toujours Soulé Alagbé comme maire. La constante est telle qu’un député de Parakou, en plus du maire et du préfet, accompagnent les actions de l’Exécutif. La grande différence, c’est qu’en plus de ce trio de tous les temps, un fils de Parakou est au gouvernement et que le maire est ami personnel du président Talon. Dès lors, ils forment un groupe de quatre personnalités au service de la ville. Et cela se perçoit quand les autres communes somnolent.

Jean-Claude Kouagou