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hostieLégislatives en gestation

 L’une des conséquences qui découlent directement du refus, par deux fois, de réviser par voie parlementaire la Constitution entre avril 2017 et juillet 2018 est l’organisation des législatives en 2019. L’échéance arrive à grand pas. En dehors du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) qui s’attèle à actualiser le fichier électoral, c’est le statu quo. La Commission électorale nationale autonome (Céna) est dans l’attente d’entrer en intense activité dès la convocation du corps électoral et dès la réception du fichier électoral.

Mais, s’il y a une chose qui est évidente, c’est que le Bénin, pompeusement qualifié de laboratoire de la démocratie en Afrique de l’Ouest, prouvera une fois de plus sa capacité à tenir des élections régulières en vue du renouvellement des hommes mandatés dans les instances dirigeantes émanant de la volonté du peuple. Au nombre de ces instances figure l’Assemblée parlementaire. La septième législature tire inexorablement à sa fin. Dans l’hypothèse que le corps électoral soit convoqué pour mars 2019, il ne reste plus que quelques six mois.

Dans les états-majors des formations politiques, c’est le branle-bas. 2019 si loin dans l’illusion est déjà si proche. Qui veut voyager loin ménage sa monture. Ce que les Béninois savent a priori, c’est le nombre de circonscriptions électorales : 24. Ce qu’ils savent aussi, c’est le nombre de députés à élire : 83. Ce qu’ils savent enfin, c’est le cadre réglementaire. A ce propos, les grandes conditions contenues dans le nouveau Code électoral sont : la preuve de bonne citoyenneté désignée par quitus fiscal, le montant de cautionnement qui s’élève à 3 millions de francs par candidat titulaire, soit 249 millions par liste de candidatures ; c’est aussi la nécessité indispensable pour valider son siège de travailler à ce que la liste de candidatures ait 10% des suffrages au plan national. Cette condition contraint les acteurs politiques à se mettre ensemble pour de grands blocs.

Dans cette optique, le président de la République, Patrice Talon a exprimé sa volonté. Pas plus que deux formations politiques autour de sa personne. Dès lors, toutes les parties prenantes sont en effervescence. En effet, le désir du chef de l’Etat participe de l’assainissement du système partisan. Alors, dans le camp de la mouvance présidentielle, il y a une sorte de trublion. Les partis politiques, les alliances politiques, les mouvements politiques et autres regroupements pouvant concourir à l’expression du suffrage universel accourent pour former les deux grands ensembles politiques qui défendront les couleurs des Talonistes. Négociations, pourparlers, concertations, discussions, concessions et compromis sont nécessaires à la constitution des deux nouveaux creusets tout en veillant à ne pas porter un coup à l’unité et à la cohésion nationale avec des regroupements régionalistes. C’est un travail inlassable auquel s’attèlent passionnément et méthodiquement les partisans du chef de l’Etat.

Dans la foulée, chaque acteur et groupe d’acteurs jaugent son fief. Charles Toko de Force Espoir, Samou Séïdou Adambi du Rassemblement des démocrates indépendants Anfanni et Rachidi Gbadamassi de Dur-Barka, tous de Parakou, ont fait une démonstration de force samedi 6 octobre 2018. Ces personnalités savent désormais ce qu’elles valent dans la commune phare de la 8è circonscription électorale. Elles retroussent les manches pour se donner une place de choix dans l’un des deux Blocs politiques qui naîtront sous peu. Face aux forces concurrentes de l’opposition qui prennent visiblement du temps pour se camper et se conformer à la double prescription du Code électoral et de la Charte des partis politiques, la mouvance se montre active. Quand Talon mettra à la disposition de ses lieutenants les stratégies qui font de lui un compétiteur-né, l’opposition mordra la poussière dans une compétition rude et sans merci.

 Jean-Claude Kouagou