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hostieCes méchants de Cotonou
Bien au-delà de l’incivisme, ceux qui se livrent à ces actes sont des méchants. D’ores et déjà, on peut s’interroger sur ce qui les ulcère et les pousse à l’obstruction des voies. Il est curieux, voire incompréhensible, de constater que certains citoyens de Cotonou soient toujours dévoués sous la pluie à poser des balises sur la voie. Ils déposent de grosses pierres et même des briques entières depuis la clôture de leurs maisons jusque dans les flaques, déviant les trafics vers les profondeurs d’eau. Ils bloquent la circulation sur une partie de la route qui est un bien public que l’on partage avec autrui.
Déployer son intelligence et son énergie en érigeant de barrières qui encombrent la route, c’est refuser de partager. C’est prouver qu’on est aux antipodes de toute logique cartésienne. Pourtant René Descartes a fait savoir que « la raison est la chose la mieux partagée du monde ». Socrate pense à son tour que « nul n’est méchant volontairement ». Si l’on concède que nul n’est méchant volontairement, quels peuvent être les mobiles qui sous-tendent l’érection de barrières sur une bonne partie de la voie publique ? Qu’est-ce qui peut être à l’origine de cette méchanceté ? Méchanceté, parce qu’il s’agit de véritables guet-apens tendus aux usagers empruntant les routes secondaires.
L’absence de réponse pertinente à ces interrogations suggère et confirme que les actes de certains habitants de Cotonou qui consistent à barricader les routes, relèvent de la méchanceté gratuite. C’est d’autant plus méchant de leur part que le gouvernement béninois, depuis quelques mois, a engagé une politique de libération des espaces publics dans les grandes villes au nombre desquelles Cotonou. Le préfet du département du Littoral, Modeste Toboula a été instruit à cette fin. L’autorité préfectorale s’est consacrée à la mission et a conduit plu-sieurs opérations dans ce sens. Est-il concevable ou même convenable dans cette optique de trouver raison à ces méchants ?
Le préfet Modeste Toboula sait édicter des normes répressives contre ces pratiques rétrogrades et dégradantes. Car le spectacle qu’induisent ces genres de comportements, est indescriptible. Les méchants méprisent les usagers de la route. Ils sont inconscients que leurs actes créent des désagréments et occasionnent des conséquences préjudiciables à la vie d’une famille ou d’une entreprise. Un usager de la route dont l’ordinateur ou les périphériques tombent dans les eaux du fait d’obstruction de voie peut perdre des fichiers importants. Quelqu’un qui a rendez-vous avec un médecin et qui doit barboter dans les eaux sales ou changer d’itinéraire en empruntant le chemin le plus long, peut aggraver son état de santé. Quelqu’un dont le pont ou le radiateur de la voiture se casse contre les pierres immergées tombe en panne et doit aller au garage. Un dernier qui doit se rendre à l’étranger et dont le véhicule a échoué dans les eaux abondantes peut accuser de retard à prendre le vol utile et très important pour lui. Autant de conséquences imputables à la méchanceté des habitants de Cotonou. Il en résulte que ces pratiques malsaines doivent être encouragées et Toboula veille au grain.
Jean-Claude Kouagou