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hostie-2Distingué Galiou

 La famille Soglo, tout le monde le sait, est une famille noble du plateau d’Abomey. Elle est connue depuis la génération de ceux de la première guerre mondiale, acteurs principaux ou secondaires de l’accession de ce territoire d’Outre-mer à la souveraineté internationale en 1960. Elle continue de faire parler d’elle après trois décennies du renouveau démocratique avec la lignée de Nicéphore Dieudonné. En effet, après l’épisode du général Christophe Soglo, tombeur du président Hubert Maga en octobre 1963, c’est Nicéphore Dieudonné Soglo, plébiscité Premier ministre à la Conférence nationale de février 1990, qui devient le porte étendard de ce patronyme royal. Président de la République du Bénin entre 1991 et 1996, son épouse, Rosine Vieyra est Chef du parti la Renaissance du Bénin et ses deux enfants Galiou et Léhady sont des acteurs politiques. Mais l’attitude du cadet Galiou est quelque peu admirative.

Né en France et ayant étudié au Canada en tant que financier, Galiou Soglo a servi en tant que ministre sous le régime de Yayi Boni. Selon des indiscrétions, « le pouvoir pour lui est un aimant, la politique pour les Soglo est une passion et Mme Rosine Soglo est le ciment de cette famille. » Propos d’un homme qui voue une filiation à sa famille. « Si la microfinance est une bonne chose, l’alphabétisation est encore mieux pour Galiou Soglo », esprit de discernement d’un acteur politique de vision et de conviction. En toute logique, Galiou est parfois incompris quand il adopte certaines positions. La politique et la famille sont deux entités distinctes. « Etre de la même famille ne signifie pas forcément qu’il faut avoir les mêmes avis. », ainsi qu’il l’a soutenu un jour sur l’émission média d’Afrique de Rfi.

« Mon père a été chef de l’Etat pendant cinq ans. Et pendant ces cinq ans, on ne m’a pas vu autour de lui. Parce que j’avais un autre métier et je travaillais sur le marché financier. J’étais déjà ce que je suis aujourd’hui », témoigne Galiou qui poursuit « même si les parents vous poussent, vous devez prendre des décisions personnelles. Très tôt, j’ai quitté ma famille à 18 ans et je suis parti au Canada et depuis 18 ans jusqu’à aujourd’hui, même si mes parents m’ont entouré d’affection, m’ont soutenu financièrement pour mes études, mais le reste, je le fais moi-même. Il est important pour moi qu’on s’affirme par son travail et par sa personnalité. » Galiou est un homme qui se démarque de la politique politicienne. Pour preuve, il a récemment parcouru quelques pays à la recherche de partenaires pour l’agroalimentaire. Il ne vit pas au dépens d’une puissance particulière, mais beaucoup plus en comptant sur lui-même.

« J’ai fait le choix personnel de parcourir les continents à la quête de partenaires économiques pour les inciter à nous accompagner dans l’idée que je me fais du développement de mon pays, qui passe nécessairement par l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Il n’est pas normal, que plus de 90% des produits agroalimentaires consommés dans l’espace de la Cedeao, soient importés des continents autres que l’Afrique, sans prioriser ce secteur comme sujet de développement des nations africaines et en particulier la nôtre. Je suis également un acteur économique et je veux tout modestement  jouer ma partition pour le bien de mon pays. Moi, j’ai fait mes études au Canada et aux Etats unis et je peux vous dire que les anglo-saxons sont des personnes pragmatiques, ils ne sont pas dans le verbiage, le bavardage, la bravade. C’est pour cela que j’ai  choisi de ne pas être un politicien comme beaucoup chez nous, par contre d’être un homme politique car il y a une grande nuance. » Un tel homme ne peut que circuler librement dans la République.

 

Jean-Claude Kouagou