Spread the love

hostieNègre fondamentaliste !

 Les grands hommes ! Ils sont le plus souvent de dimension plurielle. Difficiles à présenter. Aimé Césaire est une des figures que l’histoire de l’humanité a inscrit le nom au marbre. Véritable homme de conviction, il aura défendu une thèse d’humanisme jusqu’à sa mort : l’injustice sociale cristallisée par le racisme sous fond de colonisation. Dans ses entretiens en 2004 avec Patrice Louis et 2005 avec Françoise Vergès, soit à 4 ans et 3 ans de sa mort le 17 avril 2008, Aimé Césaire réaffirme comment il est un Nègre fondamental, et soutient au-delà des tripes jusqu’aux télomères : « Nègre je suis, nègre je resterai. »

Aimé Fernand David Césaire est né le 26 juin 1913 en Martinique. Écrivain, homme politique, poète, dramaturge et essayiste, Aimé Césaire est un personnage difficile à présenter en raison de sa densité. Il a défendu et assumé son statut de Noir jusque dans sa tombe. Fondateur et représentant majeur du mouvement littéraire de la négritude avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas entre autres anticolonialiste résolu, Aimé Césaire mena en parallèle une carrière politique en tant que député de la Martinique, et maire de Fort-de-France durant cinquante-six années consécutives, de 1945 à 2001.

L’homme de conviction est plus obsédé par la Négritude qui est au-delà du caractère culturel propre à la race noire, un mouvement humaniste des opprimés du monde. Ainsi donc, en septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains le journal « L’Étudiant noir ». C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste. Le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Le parcours politique d’Aimé Césaire est aussi riche que sa carrière de littéraire. En effet, Aime Césaire fut député de la Martinique de 1945 à 1993. Il s’est fait élire pour la première fois pour participer à la première Assemblée Constituante de la Quatrième République française en 1945 et sera réélu pour toutes les législatures suivantes jusqu’en 1993. En plus de son mandat de député, Aimé Césaire est élu en 1945 maire de Fort-de-France en succédant à Victor Sévère.

En quittant la terre des humains, Aimé Césaire a laissé une riche bibliographie. L’essentiel de ses œuvres se résume en 10 poésies dont « Cahier d’un retour au pays natal » ; 4 pièces de théâtre dont les plus célèbres sont : « Et les chiens se taisaient » et « La Tragédie du roi Christophe » ; 4 ouvrages d’essai dont « Discours sur le colonialisme » et « Discours sur la négritude ».

En reconnaissance de son immense œuvre et de la richesse de son existence sur terre, il est inscrit au Panthéon français en honneur et en hommage à Aimé Césaire ces lignes :

« Aimé Césaire, poète, dramaturge, homme politiquemartiniquais (1913-2008) Député de la Martinique (1945-1993) et maire de Fort-de-France (1945-2001). Inlassable artisan de la décolonisation, bâtisseur d’une « Négritude » fondée sur l’universalité des droits de l’homme, « Bouche des malheurs qui n’ont point de bouche » il a voulu donner au monde par ses écrits et son action, »la force de regarder demain ». « J’habite une blessure sacrée ; j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite une soif irrémédiable » ». Alors « Bouche des malheurs qui n’ont point de bouche » résonne éternellement dans les cœurs des décideurs du monde.

 Jean-Claude Kouagou