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hostie-2-1Harry up !

 Il faut se dépêcher. Il faut se presser. Il faut faire vite. Tout devient urgent pour le 28 avril 2018. Pour autant, il ne faut rien faire dans la précipitation à l’heure où le compte à rebours à commencer. Suivant le chronogramme initial de la Commission électorale nationale autonome (Céna), un grand pas devrait être franchi ce jeudi 14 mars 2019 avec le « positionnement des partis politiques en lice sur le bulletin unique. » Mais la recherche d’un consensus pour une participation plus large des formations politiques dans un contexte de tergiversations retarde l’exécution conséquente et méthodique du calendrier de la Céna.

En donnant une conférence de presse visant à redorer le blason de la Céna dont la crédibilité est entachée, le président Emmanuel Tiando a fait savoir que l’Institution poursuit l’exécution de son calendrier jusqu’au moment où elle se sentirait bloquée du fait de la crise politique. Mais une chose est certaine. La publication du bulletin unique n’est pas pour aujourd’hui. Elle le sera dès que le Parlement aura proposé une loi ad hoc de sortie de crise pour ramener dans la course les partis recalés pour défaut de conformité avec les dispositions de la Charte des partis politiques et du Code électoral.

Par ailleurs, en rendant ses décisions suite aux requêtes des partis Union sociale libérale (Usl), Parti du renouveau démocratique (Prd), Mouvement des élites engagées ….du Bénin (Moele-Bénin) aux fins d’une part,d’invalider les listes des partis Union progressiste (Up) et Bloc républicain (Br), et d’autre part, de déclarer contraire à la Constitution la décision n° 22/Céna/Pt/Vp/Cb/Sep/Sp de la Céna, la Cour constitutionnelle a simplement donné raison à la Céna qui aurait respecté l’ensemble de l’arsenal juridique régissant les élections. Il en résulte que le processus électoral suit son cours avec les listes Up et Br qualifiées pour les législatives du 28 avril. Sur le plan de la bataille judiciaire, tout est clos. Alors, il ne reste que l’action politique qui vise à repêcher plus de listes de candidatures, notamment celles de l’opposition pour participer aux élections. Il revient, en conséquence, à la Commission parlementaire créée de proposer de façon concrète des lois devant lever les obstacles.

Tout cela doit se faire en un tournemain pour ne pas empiéter sur la date constitutionnelle d’installation du nouveau Parlement. Mais, les mandataires de la mission pour une participation plurielle des courants de pensées politiques à ces élections semblent ne pas prendre la mesure des choses. Alors que la course contre la montre devient réelle, les politiciens trainent les pas, dépassant même les délais impartis depuis le 6 mars. En effet, à la date du 14 mars, l’Assemblée devrait déjà avoir proposé une loi dérogatoire de sortie de crise. Si les acteurs politiques prennent davantage de temps, alors, ils devront s’en prendre à eux-mêmes en ne voyant participer aux législatives que les seuls partis qui soutiennent l’action du gouvernement. Il sera bien dommage de réaliser dans ce contexte qu’il n’y aura pas d’opposants originels élus députés.

Pour sortir de cet imbroglio, il urge que dans les 72 heures qui viennent, la Commission parlementaire accélère les choses pour délivrer le peuple de l’angoisse.C’est à cette condition que le réaménagement du calendrier électoral sera possible dans le créneau allant du 15 mars au 10 avril 2019. Au cas contraire, comme en janvier 2015, une décision injonctive de la Cour constitutionnelle pourrait mettre un terme aux tergiversations en autorisant la Céna de poursuivre avec les 2 listes de candidatures.

 

 

 

Jean-Claude Kouagou