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hostieLe Bénin en Egypte !

 Alors que le Bénin, plongé dans une impasse préélectorale pour les législatives, est devenu la risée du monde, ce petit pays du Golfe du Guinée fait encore parler de lui sur le plan sportif. Les Ecureuils du Bénin ont déplumé les Eperviers du Togo à domicile sous un soleil de plomb et devant un grand public enthousiaste au stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou. La rencontre s’inscrivait dans le cadre des qualifications pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations prévue cet été en Egypte.

Les grandes chaînes à travers leurs émissions sportives ont diffusé, en direct et en intégralité, le derby qui opposait deux peuples frères ayant des liens séculaires et liés par des cultures semblables du Sud au Nord. Deux buts à un, c’est le score qui a permis la qualification des Ecureuils du Bénin et l’élimination des Eperviers du Togo. Pour autant, les deux peuples continuent de filer le parfait amour.

Comme on peut s’exclamer par devoir d’appartenance à sa Patrie, « c’est fait ! Nous sommes qualifiés. Pour la quatrième fois, nous serons à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football », c’est maintenant que le plus dur commence aussi. S’il est vrai que les compétitions sportives déjouent parfois les pronostics, il est tout aussi vrai que le plus souvent, elles confirment les performances des meilleures équipes. C’est a postériori que les Béninois s’extasieront d’avoir battu une équipe de Real Madrid avec Karim Benzema ou Paris Saint Germain avec Kylian M’Bappé ou de Juventus avec Christiano Ronaldo. Mais, jamais avant le coup de sifflet final de l’arbitre. Car, face à ces équipes européennes, les Béninois, a priori, se montreront limités. Psychologiquement faibles devant un adversaire dont le palmarès n’a rien de comparable avec leurs balbutiements et égarements, ils ne croiront à aucun miracle. Sentiments de faiblesse ! Oui. Mais sentiments de réalisme. Au mauvais jour, une équipe favorite peut ramer au cours d’un match de football et faire des contre-performances. Mais en règle générale, rien ne défie la suprématie quand bien même le ballon est rond pour tout le monde.

Alors, le Bénin a gagné le Togo. Et après ? La suite, c’est de renforcer le travail d’équipe pour ne pas se faire éliminer dans les confrontations de poule en Egypte. Le fond de jeu présenté dimanche 24 mars 2019 au stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou est satisfaisant. Cependant, lorsqu’on est déterminé à ramener au pays un trophée continental, on ne se limite pas au travail satisfaisant. Il faut encore plus. Et les conditions semblent être remplies avec un président de Fédération, Mathurin de Chacus qui mise sur le génie et l’ingéniosité des joueurs. Sa détermination à accompagner les poulains du sélectionneur national, Michel Dussuyer, est manifeste au stade actuel de sa gouvernance. Ce qui souvent émousse l’ardeur des joueurs, c’est le favoritisme, la sélection des médiocres au détriment des plus aptes, le tout sous fond de corruption.

Le football est pour les joueurs une passion. Et les critères d’éligibilité doivent être l’endurance sur l’aire de jeu pendant au moins 90mn, la faculté à gagner les duels et à porter le ballon dans des conditions difficiles, la capacité des postulants à ne pas s’essouffler comme une truie en gestation, la technicité et enfin la culture de l’esprit d’équipe que doivent leur inculquer les dirigeants. Qui sont dans l’équipe nationale du Bénin, les homologues de Lionel Messi, d’Ousmane Dembélé, de Cristiano Ronaldo, de Karim Benzema, Kylian M’Bappé, de Neymar Junior, et de bien d’autres cadres des équipes européennes ? Il faut des joueurs  très aguerris pour arriver là. C’est à cette condition que les couleurs nationales seront vaillamment défendues en Egypte. Car, une chose est de participer à une compétition et une autre est d’en sortir la tête haute, à défaut d’avoir le trophée.

 Jean-Claude Kouagou