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hostieTalon en danger

 La vie ne vaut rien, dit-on, pour signifier qu’elle ne tient au bout d’un souffle. En revanche, rien ne vaut la vie, réalise-t-on, en raison de ce que la vie humaine est sacrée. Les vies des dirigeants africains, celles des révolutionnaires ont toujours été menacées par les puissances coloniales. L’on peut se souvenir de la vilenie qui a débouché à l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo. Le cas du jeune capitaine Thomas Sankara est encore vivace dans les esprits. La valse des fakenews qu’exécutent savamment les médias européens, notamment ceux de la France contre le Bénin, tend à révéler un plan attentatoire à la vie du président Patrice Talon.

A leurs yeux, le Bénin de l’intrépide Président Patrice Talon n’est plus une destination sûre. Comparaison n’est pas raison. Il se colporte méchamment que durant les cinq dernières années, la France n’a été que la cible des terroristes au point que François Fillon en a consacré tout un livre : « Vaincre le totalitarisme islamique ». La France a été en effet frappée de plein fouet dans tout ce qu’elle a de symboliques : écoles où séjournent temporairement des âmes innocentes, lieux de culte, supermarchés, rédactions de journaux… L’atrocité des actes terroristes contre la France durant la période visée a suscité l’émotion et la compassion de certains chefs d’Etat africains qui n’ont pu s’empêcher de verser des larmes épileptiques sur le sol français. L’impertinence de leur action révoltait leurs peuples, tant, Boko-Haram sévissait au Nigéria avec la prise en otage de lycéennes. Malgré la férocité des actes terroristes contre Paris et ses banlieues, malgré le nombre élevé de morts se chiffrant à des centaines, malgré les velléités inébranlables des terroristes à faire de la France un Etat islamique, la France n’a jamais été considérée comme « un pays rouge » ou une destination « non sûre ».

La campagne contre le Bénin ne se limite pas à l’intoxication. Elle vise un objectif qui va au-delà de ce que les petits esprits peuvent imaginer. En effet, par une gymnastique intellectuelle, ils en sont venus à établir une corrélation entre la prise en otage présumé de deux de leurs compatriotes avec l’actualité politique béninoise, relative aux législatives du 28 avril 2019. Otage présumé parce que les Béninois ne sont pas suffisamment convaincus que leur compatriote le guide émérite Fiacre Gbédji soit retrouvé mort, seul, dans la Pendjari abandonné aux vautours et aux charognards, et que les touristes français se retrouvent vivants à plusieurs centaines de kilomètres du côté du Burkina-Faso. N’étaient-ils pas les assassins de Fiacre avant de se livrer aux ravisseurs ? Le scénario est difficile à comprendre. Toujours est-il que, sous le prétexte de la prise en otage de deux Français dans le parc animalier de la Pendjari, réserve de biosphère inscrite dans le patrimoine de l’Unesco, la France et ses médias se sont majestueusement invités dans le débat politique béninois.

Ils se sont intéressés à la décision du président Talon de mettre en affermage le parc dont African Parcs Network est le concessionnaire. Pour eux, c’est privatiser la sécurité et exposer les touristes à l’insécurité. Ils s’intéressent au processus démocratique béninois qui ne serait plus à leurs yeux un modèle recommandable.       

Par le truchement de présumés “Français portés disparus“ dans le parc de la Pendjari, ils ont jeté le masque en portant des jugements de valeur sur l’expérimentation des nouvelles lois  électorales destinées à renforcer le système partisan. Ils vitupèrent le président Talon et vilipendent son régime. A cette allure, le chef de l’Etat béninois a des raisons de craindre pour sa vie. Laurent Gbagbo en sait beaucoup des turpitudes et autres instruisons dans la politique ivoirienne qui l’ont privé de liberté pendant 7 ans. C’est le meilleur des scénarios. Car lorsque la France se mêle dans les affaires intérieures d’un pays, cela finit par la suppression de la vie de l’autorité qui est dans leur viseur.

Dans cette optique, l’âme de l’ex leader libyen, MohammadKhadaffi abattu à Syrte, continue de hanter et de demander des comptes à Nicolas Sarkozy. Il en est de même de l’ex dirigeant rwandais Juvénal Habyarimana que François Mitterrand verrait toujours dans sa tombe. L’enthousiasme des médias français sur l’actualité au Bénin est inquiétant. Les orties qui en résultent dressent le lit à des crimes de sang plutôt qu’à une défense des droits humains et de la démocratie. La France n’a-t-elle pas que des intérêts ? Prophétie d’un patriarche gaulois.

 Jean-Claude Kouagou