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hostieLe « Laissez-passer »
 Le régime du président Patrice Talon trouve le remède aux gradins déserts avec la formule « Laissez-passer » pour accéder au stade. Dimanche dernier, les Béninois ont été conviés à se rendre au stade sans débourser le moindre kopeck. L’entrée était libre et gratuite. C’est vraiment la panacée pour un public féru du football et désabusé par des crises interminables dans les instances décisionnelles du sport roi. La preuve, le stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou a fait le plein des 45.000 places dimanche dernier où le Bénin jouait la Gambie. Les organisateurs auraient fait preuve d’ingéniosité. Pour ne pas avoir à gérer des catastrophes semblables à du carnage, des dispositions sécuritaires ont été prises et permis de retenir à l’extérieur du stade un monde sans cesse croissant. Il faut saluer ce travail des organisateurs. L’objectif du « Laissez-passer » était ainsi atteint : faire du « grand public » le 12ème joueur.
Il faut remonter à trois ou quatre lustres pour voir le stade de Kouhounou aussi plein comme un œuf. C’est en cela qu’il faut décerner un satisfecit au régime du président Talon pour l’option pertinente de rendre libre et gratuite l’entrée au stade pour suivre le match des Ecureuils. Car, tout le monde le sait, l’enthousiasme du public galvanise les joueurs et les invite à donner le meilleur d’eux-mêmes. Et, l’issue de la rencontre a produit les effets escomptés du Laissez-passer. Les Ecureuils du Bénin ont battu les Scorpions de la Gambie : 1-0. Ce « Laissez-passer », il faut le rééditer pour permettre au public sportif béninois de renouer définitivement avec les stades. On sait comment ce public aime le foot. J’en veux pour preuve, les ruches qui se constituent autour des postes téléviseurs quand Liverpool fait face à Chelsea ou que Barça et Réal s’expliquent ou encore quand Paris Saint Germain croisent les crampons avec Olympique de Marseille. Alors, l’amour pour le football  demeure chez les Béninois. Seulement, le public est déçu de deux choses: les piètres performances des Ecureuils et les crises perpétuelles à la Fédération béninoise de football, le tout dans un environnement gangrené par la haute corruption et le favoritisme béant. Le public sportif, lassé, a fini par abandonner les aires de jeu. Or, dans le bon vieux temps, qui ne se souvient pas comment le stade de Kouhounou devenait subitement insuffisant pour contenir le public quand Les Requins de l’Atlantique, surnommés « Awissi-Wassa » recevaient Les Dragons de l’Ouémé ? Il fallait se procurer assez tôt son billet pour ne pas rester en rade.
Pour amener ce public accro du football à reprendre les chemins des stades, il faut bien que les dirigeants trouvent la formule pour l’intéresser. Et la trouvaille, a été de rendre libre et gratuit l’accès au stade. Le ministre en charge des sports, Oswald Homéky et ses collaborateurs doivent se constituer avocats de la gratuité de l’entrée au stade chaque fois que les Ecureuils auront à livrer un match de haut niveau. Cela y va de l’intérêt des poulains d’Oumar Tchomogo. Et par-dessus tout pour l’honneur du Bénin.
Jean-Claude Kouagou