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hostie-5S’affranchir maintenant

Au prix de luttes âpres et de sacrifices suprêmes, plusieurs ex-colonies françaises dont le Bénin, ont obtenu leurs indépendances, voici 57 ans. Bientôt, ces nations célébreront leurs jubilés d’or, dans un contexte de mondialisation de l’économie du marché. Ce contexte induit par l’évolution technologique fait du monde un village planétaire, aux conséquences multiples sur l’Afrique. Si elle ne prend pas conscience de ses potentialités, si elle ne réalise pas qu’elle doit s’affranchir et prendre ses parts dans le marché mondial, elle aurait différé l’occasion de célébrer un véritable jubilé d’or d’indépendance.

Dans une réflexion dénommée « Géopolitique, Géostratégie de l’économie mondiale », Emmanuel Sèdégan fait savoir que la superficie de l’Afrique est la somme des superficies de l’Argentine, de la Chine, des Etats-Unis, de l’Inde, du Mexique, de l’Union européenne. Il mentionne que l’Afrique est le continent dont le sous-sol est le plus riche au monde et que la République démocratique du Congo, appelée scandale géologique du fait de la richesse de son sous-sol représente en termes de superficie cinq fois la France, dépourvue de richesses naturelles, et quatre-vingts fois la Belgique son pays colonisateur. C’est alors que s’interroge Edem Kodjo dans «Et demain l’Afrique » : « Pourquoi héritière de brillantes civilisations, disposant d’énormes potentialités économiques et peuplée de cinq cent millions d’habitants, l’Afrique demeure sans force dans le monde contemporain ? »

Emmanuel Macron ne se contente pas, comme Charles de Gaulle, de dire : « je vous ai compris ». Face aux murmures des dirigeants africains, Macron oppose : « Quand on ne se sent pas heureux dans la zone franc, on la quitte et on crée sa propre monnaie comme l’ont fait la Mauritanie et le Madagascar. Si on y reste, il faut arrêter les déclarations démagogiques faisant du Cfa le bouc émissaire de vos échecs politiques et économiques, et de la France, la source de vos problèmes ». C’est là la réponse définitive au réquisitoire d’Aimé Césaire dans le « Discours sur le colonialisme ». L’indépendance s’arrache. Les faits d’histoire de la traite négrière et du  colonialisme sont du passé. Il est désormais question pour l’Afrique de scruter l’horizon et de donner une réponse satisfaisante à Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, qui se demande : « Demain, qui gouvernera le monde ? »  Les Etats-Unis ? La Chine ? L’Inde ? L’Europe ? Le G20 ? L’Onu ? Les multinationales ? Les mafias ? Sur cette liste de propositions, l’Afrique n’apparaît pas si ce n’est, peut-être dans les mafias. Voilà pourquoi en partageant l’optimisme de Sèdégan qui soutient que « L’Afrique n’est pas un continent en déperdition, mais en transition avec des transformations porteuses d’avenir », les Africains doivent se fixer des objectifs clairs pour le cinquantenaire en cours. Ils doivent s’unir pour défendre, dans la mondialisation, la cause commune de l’indépendance politique, économique, culturelle, militaire…

Bonne fête aux Africains et aux Béninois dans la réflexion.

Jean-Claude Kouagou