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hostieSoglo devance Yayi
 N’eut été la fausse note fortement décriée, il aurait totalement prouvé son sens de patriotisme. Nicéphore Dieudonné Soglo, est un ancien président de la République du Bénin. Il est d’ailleurs le premier Chef d’Etat du Renouveau démocratique. A l’occasion de la commémoration des cinquante-sept ans de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, il était le seul à occuper le banc des anciens présidents de la République à la place de l’Etoile rouge à Cotonou. Le protocole d’Etat l’a d’ailleurs distingué intuitu personae. Et pourtant, Nicéphore Soglo avait des raisons de rester en marge des manifestations officielles du 1er août 2017. Et pour cause ! L’honneur de sa famille a été entaché dans les derniers développements de l’actualité nationale avec la suspension de son fils Léhady de ses fonctions de maire de Cotonou. Ce sujet qui a fait les choux gras des journaux le 31 juillet 2017, paraissait suffisant pour Nicéphore Soglo de bouder la célébration de la fête nationale. Par-dessus tout, il y a l’attachement à la Patrie de l’homme d’Etat, Nicéphore Soglo. Il y a le sens du discernement.
A l’opposé, le grand absent fut Yayi Boni qui a revêtu fraîchement le statut d’ancien président il y a juste quinze mois. L’agenda de Yayi Boni ne lui a pas permis de prendre part aux manifestations officielles du 1er août 2017. Son fauteuil est demeuré vide et le protocole d’Etat n’a pas pu lui faire les civilités. Alors, il se pose une question. L’ancien président Yayi Boni qui a eu l’heureuse occasion de diriger le Bénin pendant deux lustres place où la Patrie ? Soglo n’a fait que cinq ans et continue de marquer les esprits. Sous le régime Yayi, à chaque fête du 1er août, il y avait sur le banc qui leur est réservé, tous les anciens présidents. Même dans son projet de fête tournante, les anciens présidents rehaussaient de leur présence ces manifestations qui unissent tous les Béninois, quelle que soit leur appartenance politique, leur conviction religieuse, leur sensibilité idéologique ou philosophique. Un ancien président de la République est un symbole. Durant le temps qu’il a passé à la Marina, il a incarné l’unité nationale. En dehors des raisons de santé, tout patriote, quels qu’en soient ses démêlés avec les pouvoirs publics, doit donner la preuve de son attachement aux évènements majeurs de son temps, en transcendant les clivages et querelles de personne. Il doit se mettre au-dessus des considérations politiques qui offrent à l’opinion publique des commentaires de mauvais goût. Car, il est aujourd’hui facile à certaines langues de critiquer cette absence de l’ancien président Yayi Boni à la fête nationale. D’aucuns diront qu’il est coutumier des choix qui ne sont pas toujours judicieux. En effet, pendant dix ans, le président Yayi Boni n’a pu assister à la fête des religions traditionnelles. Il a toujours été absent du territoire. Par contre, pour la fête identitaire de la Gaani à Nikki, il y a presque toujours participé. C’est à l’une de ces occasions du côté de Djougou en décembre 2015, que son premier ministre Lionel Zinsou a frôlé la mort avec l’aéronef qui le transportait. Entre Yayi et Soglo, on peut trouver aisément celui qui incarne le mieux le statut d’homme d’Etat.
 
Jean-Claude Kouagou