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hostieCette France-là !?
Aimé Césaire a fait du Discours sur le colonialisme, un acte d’accusation de l’Europe qui a commis des péchés originels. Il conclut au terme d’un réquisitoire sans ménagement, que « l’Europe déférée à la barre de la raison comme à la barre de la conscience est moralement et spirituellement indéfendable ». Cette prise de position du célèbre écrivain haïtien reste d’actualité et résonne encore comme une sommation. « La France, la première puissance européenne, derrière l’Allemagne », comme aiment bien le revendiquer les politiques de l’Hexagone, est par excellence, un pays de civilisation impériale et tyrannique. Elle doit se repentir de son péché vénal pour qu’au tribunal d’Osiris, le cœur de la France soit aussi léger que le duvet d’oiseau. Certes, elle a accepté la décolonisation politique octroyée sans réelle préparation aux Etats africains. Mais la dépendance économique ne leur confère pas une souveraineté intégrale. Ce que la France a fait de criminel, c’est d’avoir, depuis plus de cinq décennies, maintenu le joug sur la monnaie des ex-colonies.
Quand François Fillon, par une réminiscence dans Vaincre le totalitarisme islamique, adule Charles de Gaulle qui est son modèle politique, alors, on peut conclure que l’indépendance réelle des ex-colonies françaises n’est pas pour demain.
Enclin à la défense des intérêts français Aux mépris des peuples, pour reprendre le titre de François-Xavier Verschave, qui dénonce la Françafrique, Fillon reconnaît que « c’est une faute contre les amis d’Afrique occidentale qui voient le terrorisme s’étendre près d’eux ». Curieusement, Fillon découvre des valeurs humanistes à de Gaulle qui représente l’éteignoir de « l’Afrique française ».
Il est indéniable que l’histoire de la 5ème République française est fortement rattachée à la personne de de Gaulle. Il est en effet, l’homme de la conférence de Brazzaville, l’un des acteurs de la seconde guerre mondiale. Il a prononcé à Alger le célèbre discours dont la première phrase est une sorte de mea culpa : « je vous ai compris ». Mais il ne faut pas se contenter de faire l’apologie ou l’angélisme de Charles de Gaulle. Mais il est aussi l’homme des pires exactions postcoloniales déshumanisantes. En effet, grâce au système de la Françafrique, son homme de main, Jacques Foccart a corrompu les chefs d’Etats africains et instauré des régimes autoritaires, dictatoriaux et de paupérisation des peuples. En définitive, Charles de Gaulle est coupable, au nom de la France, de l’aliénation de centaines de millions de peuples noirs. C’est l’homme dont l’indolence manifeste se perpétue à travers les régimes successifs de Georges Pompidou à François Hollande en passant par Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
La décadence subite par la France avec l’arrivée au pouvoir de Emmanuel Macron, peut-elle, enfin, mettre un terme aux inégalités pour permettre à la France d’être en harmonie avec sa devise : « Liberté, Egalité, Fraternité » ? Le terrorisme qui secoue ces dernières années la France trouve ses sources dans les inégalités raciales et les politiques de tenir en mince estime des autres peuples du monde. Il est aussi clair, que la France en tant que puissance, n’a aucun gobelet de pétrole et vit sur le dos de l’Afrique.
Jean-Claude Kouagou