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hostie...Bonou balbutie
Il faut tenir rigoureusement à jour un registre de destitutions et de tentatives de destitution afin d’évoquer avec exactitude le nombre de fois que la commune de Bonou a déjà sollicité l’article 53 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin. Tellement cette commune du département de l’Ouémé, couvrant seulement quelques kilomètres carrés, en moins de deux ans, a démontré sa capacité d’instabilité préjudiciable au développement. A la moindre incartade, une majorité des neuf (9) Conseillers communaux de Bonou se dégage en Conseillers dissidents et adresse au maire une motion de destitution. Elle trouve son fondement juridique dans l’article 53 de la loi 97-029 du 15 janvier 1999. L’article stipule : « en cas de désaccord grave ou de crise de confiance entre le Conseil communal et le maire, le Conseil peut, par un vote de défiance à la majorité des 2/3 des conseillers, lui retirer sa confiance. Le vote a lieu à la demande écrite de la majorité absolue des conseillers. Le préfet, par arrêté, constate cette destitution.  » C’est cette disposition qui a ouvert la boîte de pandore à Bonou.  En effet, depuis juillet 2015 où la troisième mandature des conseils communaux sont installés, la commune de Bonou a été soumise à la hantise de changement de maires. Ainsi en deux ans, sur le mandat de 5 ans, Bonou a connu trois maires : Alexandre Zannou, Emmanuel Zoumènou et Julien Affohouha. En termes de ratio, cela donne moins d’un maire en un an. Dans un tel contexte, aucun développement n’est possible. Car, le président de l’organe délibérant qu’est le maire est constamment sous la menace de la destitution. Il devient inefficace et improductif. Avec cet état de choses, les contre-performances qu’enregistre la commune la prédispose au phénomène de phagocytose par des communes voisines prospères. C’est déjà ce que prévoit l’article 8 de la loi 97-029. Il énonce : « (…) la fusion d’une commune avec une autre (…) se fait par voie législative après avis motivé ou à la demande du ou des Conseils communaux concernés. » Bonou, avec ses moins de 30.000 habitants et ses 9 Conseillers, risque d’être fusionnée, si elle ne reconsidère pas sa façon d’entrevoir la destitution. Les balbutiements lui seront donc préjudiciables.
 
Jean-Claude Kouagou