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hostie..Talon, l’autre fou !

 « Le Bénin est un petit pays, mais qui pèse lourd » professait Mathieu Kérékou. De son côté, Mgr Isidore de Souza, de vénéré mémoire, prêchait en soutenant que pour «  diriger le Bénin, il faut être fou.» Si ces assertions sont admises dans certaines mesures, le premier fou aura été Mathieu Kérékou qui détient le record de longévité au pouvoir dont le cumul des mandats sous ses différents régimes fait pratiquement trois décennies. Seulement les différents Chefs d’Etat béninois ne soufrent pas des mêmes pathologies schizophréniques. Dans ce sens, l’ancien député André Dassoundo trouvait que le président Yayi Boni est émotif et réactif. Nicéphore Soglo, aux yeux des Béninois, se montre trop suffisant. Quant à Mathieu Kérékou, il aimait le pouvoir au point de se complaire dans le laxisme. A l’opposé de ces présidents, Patrice Talon, le président le plus stylé au plan vestimentaire, a sa folie. Le pilote de ligne raté qui a fini par faire carrière et fortune dans le négoce pour enfin détenir le monopole de la fourniture des intrants-coton dans la sous-région Ouest-africaine, est un « casseur ». Obnubilé par des convictions fortes de compétiteur-né, il ne recule devant aucun obstacle. En seize mois de gestion du pays, il a réussi à inscrire son nom en lettres d’or au panthéon des présidents de la Républiques du Bénin. La folie de Patrice Talon est d’avoir parvenu à tenir tous les citoyens béninois en respect. L’homme d’Etat qui s’est révélé au peuple, il y a seulement deux ans, pose chaque jour des actes qui émerveillent mon unique tante à Tchoumi-Tchoumi qui l’encourage à poursuivre sur la même lancée. Qui pouvait imaginer que Talon, l’opérateur économique, pouvait, sans heurts, rendre opérationnels les douze (12) départements, fixer les chefs-lieux des nouveaux départements et désigner les douze (12) préfets ? Qui pouvait parier qu’il pouvait sevrer la communauté musulmane des dons institués par Yayi Boni pendant les périodes de jeûne ? Qui pouvait miser que celui que Adrien Houngbédji avait douté des capacités d’homme dEtat, pouvait au nom de la libre concurrence et de l’égalité des citoyens devant la loi se garderaitd’intervenir dans l’affaire de 18 Kg de cocaïne pure ; dont les conséquences l’ont distancié de son allié Sébastien Ajavon? Qui pouvait croire, que dans sa vision de faire de certaines villes du pays des villes modernes et attrayantes, l’Exécutif pouvait fairelibérer des espaces publics ? Et sous ce chapitre, des églises ont été amputées de parties occupant l’espace public, des fétiches ont été déplacés, le marché mythique de faux médicaments (Adjégounlè) détruit, les vendeurs d’essence frelatée, canalisés, les occupants illégaux d’espace public du marché Dantokpa déguerpis, la salubrité dans le secteur des Gsm,… La liste des actions qui ont consisté à nettoyer l’écurie d’Augias est longue. Et, cerise sur le gâteau, c’est cette correspondance du secrétariat général du gouvernement, parvenue aux anciens présidents de la République et qui met fin au paiement par l’intendance du Palais de leurs factures d’eau, d’électricité et de téléphone. Pour toutes ces actions lourdes de conséquences pour l’homme politique, il fallait être Patrice Talon pour les engager et suivre leur mise en œuvre. Pour paraphraser Marcel Pagnol : « tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne savait pas et qui l’a fait ».

 Jean-Claude Kouagou