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hostie..La tourmente togolaise
 La semaine écoulée a été très mouvementée dans plusieurs villes togolaises. Des manifestations du Parti national panafricain (Pnp) de l’opposant Tikpi Salifou Atchadam ont été réprimées. Mais auparavant, les forces de sécurité ont été aussi passées à tabac. En somme, le Togo est dans la tourmente avec des scènes de violence aux conséquences lourdes. Ce sont des scènes indescriptibles. A force de vouloir le faire, le risque de se retrouver en conflit avec les règles déontologiques du journalisme est très élevé. Le Togo, sous la houlette de Tikpi Atchadam, veut visiblement tourner la page des Gnassingbé. Selon les opposants, la famille Gnassingbé est au pouvoir depuis 50 ans. Etienne Eyadéma Gnassigbé, après 38 ans de règne sans partage a tiré sa révérence en 2005. Dans des conditions que l’on sait, son fils Faure a pris la direction du pays. Et depuis 12 ans, il conduit la politique nationale et les affaires togolaises. Seulement, la Constitution de 1992 mise sous boisseau fait désormais des émules. Le peuple togolais aspire désormais, à travers de nouveaux leaders, à plus de démocratie et de progrès. Dans cette marche, le pays se trouve en crise depuis quelques semaines. Certains exigent du pouvoir de Faure Gnassingbé le retour à la Constitution de 1992. D’après l’article 59 de cette Constitution publiée au journal officiel de la République togolaise le 19 octobre 1992, « le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats ». C’est là l’un des principes qui fondent les systèmes démocratiques. Le premier alinéa de l’article 60 de la même Constitution stipule que : « l’élection du président de la République a lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. » La lutte actuelle entre la classe politique togolaise est en conséquence un combat vers plus de démocratie. Seulement, telle qu’elle se mène, fait trop de victimes et n’augure pas d’un bon lendemain. Les deux parties en conflit s’accusent mutuellement. Des âmes tombent sous le coup de machettes, d’armes blanches et de canons. Pour amener Faure à appliquer la Constitution de 1992, il faut conduire la bataille avec intelligence. Car, les peuples n’ont pas les mêmes réalités. Il y a deux ans, les Burkinabé ont fait tomber le régime de Blaise Compaoré en optant pour les mouvements de foules. Mais comparaison n’est pas raison. Le cas du Burkina Faso peut ne pas donner les mêmes résultats attendus au Togo. Au Bénin, le changement de régime de la Révolution à la démocratie s’est opéré dans la paix. Le dialogue a prévalu et tous les Béninois ont pardonné au régime de Mathieu Kérékou ses méfaits. Il lui a même été accordé l’amnistie. C’est cette stratégie basée sur le dialogue qui a conduit le Bénin « de la dictature à la démocratie sans les armes ». Le Togo doit s’inspirer des différents exemples et transcender ses difficultés politiques. C’est en s’inspirant des exemples contradictoires, que les Togolais pourront analyser la pertinence des choix à opérer afin d’amener le président Faure à accéder à leurs doléances. Dans la tourmente, le peuple du Togo doit savoir se tirer d’affaire dans la paix.
Jean-Claude Kouagou