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hostiePrésident and past office
 Comme le français est éprouvé par l’inflation des anglicismes, faisons un emprunt circonstanciel : « the president and past office ». Pour parler de la fonction présidentielle au Bénin et de l’après présidence. Je ne m’intéresse pas ici à la nature du régime qui se révèle ambigu au terme d’une analyse de Victor Topanou dans « Introduction à la sociologie politique du Bénin ». Je m’intéresse plutôt au traitement à réserver au président en tant qu’institution opérationnelle et à sa sortie de cette posture. Ne me demandez donc pas combien gagne le président Patrice Talon ? Tant, vous-mêmes, en tout cas presque vous tous, n’avez pas fait savoir à vos conjoints tout ce que vous gagnez réellement. Le salaire chez nous est recouvert d’un secret totémique. A l’opposé, il n’est qu’un secret de Polichinelle en France. Le salaire du président français est connu et publié. Que les financiers béninois nous répondent. Depuis le renouveau démocratique, quels ont été les salaires des présidents Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et Yayi Boni ? C’est une question qui mérite d’être traitée au Parlement par une loi organique relative à l’Exécutif. Lorsque le président est en fonction, il dispose des moyens humains (l’administration), des moyens matériels et des moyens financiers (trésor public) pour accomplir sa mission. Certains présidents oublient ou renoncent au salaire. Et pourtant, il est important de le fixer, de le leur acheminer. Entre autres avantages, le président a droit à une résidence administration dans la Capitale et des pavillons dans les départements. La résidence et les pavillons sont revêtus des attributs de l’Etat. En France, la résidence du président de la République est à l’Elysée. Aux Etats-Unis, c’est à la Maison Blanche. Chez nous, ce n’est pas le cas. Il faut bien règlementer cela. Au Mali, cette question est déjà traitée. Le président malien a un salaire connu et les anciens présidents ont des pensions de retraite. Au sujet des résidences, le président en exercice doit en disposer. Les anciens présidents regagnent leurs domiciles privés. Ils bénéficient de quelques avantages notamment quelques gardes du corps, un maître d’hôtel et surtout un secrétariat disposant d’un bureau pour l’ancien président et un personnel à la charge de l’Etat. Ce secrétariat devra servir de cadre de travail à l’ancien président pour rédiger ses mémoires et continuer d’être au service de la République de par ses expériences. L’article 48 de la Constitution évoque ces questions mais les renvoie à une loi. Il faut donc des efforts parlementaires pour clarifier cette situation de résidence et de salaire du président en exercice. Il en faut aussi pour le traitement des anciens présidents à qui il faut conférer une pension de retraite et un secrétariat avec les commodités requises. Ainsi, Yayi Boni ne réclamera plus de pension de retraite.
 
Jean-Claude Kouagou