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Œuhostie...vres des premières dames

 Le Renouveau démocratique béninois a donné un statut aux épouses des présidents. L’unique femme, ou en cas de régime polygamique, l’une des épouses du chef de l’Etat prend le titre de Première Dame. Il s’agit d’un parfait objet juridique non identifié. Car, il n’est établi nulle part dans la constitution un statut de Première Dame. Aucune autre norme juridique béninoise ne consacre à l’unique ou à l’épouse ou  l’une des épouses le titre de Première Dame. Il va de soi que c’est par convenance, pour les distinguer, et par mimétisme au statut conféré à l’épouse du président français qui continue d’être défini, que cette métonymie qui se substitue au patronyme des épouses des présidents a droit de cité au Bénin. Il parait que c’est un style des grandes démocraties et donc des gens civilisés.

Depuis 1991, le début du renouveau démocratique, le Bénin est à son 4ème président de la république. Il en résulte quatre premières dames : Rosine Vieyra Soglo,  Marguerite Kérékou, Chantal de Souza Yayi et Claudine Gbènagnon Talon. Comme objets juridiques non identifiés, les Premières Dames n’ont pas de cahiers de charges préétablis ; même si on s’est efforcé de les doter de cabinet. Elles n’ont pas de contraintes particulières. Dans l’acceptation, on convient que la Première Dame doit jouer un grand rôle auprès de son époux-Président. Car dit l’adage : « derrière chaque grand homme, se cache une femme méritante ». Alors, d’une Première Dame à une autre, la fonction a été diversement exercée. Me Rosine Vieyra Soglo a créé une organisation non gouvernementale dénommée ‘’Vidolé’’ d’assistance sociale. Elle a donné de l’aide à des familles qui s’agrandissaient avec naissances de triplés et a accompagné quelques groupements de femmes qui mènent des activités génératrices de revenus. Elle a poursuivi vaille que vaille après le départ de son époux du pouvoir en 1996. A la suite de Rosine Vieyra Soglo, Marguerite Kérékou a porté la couronne pendant 10 ans. On garde difficilement d’elle des souvenirs en cette qualité, si ce n’est son intervention dans la crise qui secouait en 2005, le conseil communal, de Natitingou. Elle a été certainement femme de l’ombre qui conseillait efficacement l’époux et qui lui passait du baume pour la maîtrise de ses nerfs. 

Chantal de Souza Yayi. Elle est aussi très discrète. Elle a été l’ombre de son époux, véritable coq de la basse-cour. A la limite de la femme soumise, Chantal avait-elle l’occasion de conseiller tout au moins son mari de président qui ne se donnait le temps d’une vie familiale et préférait sans cesse des voyages héliportés ?  

Enfin, Claudine Talon ! Elle donne plus de contenu à la fonction de la Première Dame. Aux petits soins du Président de la République, la fonction d’épouse, la Première Dame a créé une Fondation qui porte son nom de mariage : ‘’Claudine Talon’’. Elle entend par la Fondation s’occuper des couches vulnérables de la population : les sans voix, les sans gardes, les autres citoyens. Elle s’intéresse plus spécifiquement aux femmes des campagnes, aux femmes rurales qui meurent dans les couches, les exposés à l’incontinence les enfants démunis. Puis, elle met un point d’honneur sur la promotion de l’excellence. A chacune son style. Et pour  qu’il en soit ainsi, il faut dans la législation béninoise un cadre formel.

Jean-Claude Kouagou