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hostie...Welcome Prudencio!

C’est le vieux vicieux satirique, sadique, humoristique et alcolo-résistant, Oncle Agbaya qui la désignait par « Sè vè » ou « Tanti rouge ». A l’état civil, elle répond au nom de Claudine Prudencio. Elle est la présidente de l’Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau (Udbn). Depuis un certain temps elle siège à l’Assemblée nationale. Elle prend des positions tranchées sans ambiguïté sur des sujets engageant la vie politique nationale. Elle a appartenu à l’un des gouvernements de l’ancien président Yayi Boni sous le régime du Changement. Selon ses analyses du moment, Yayi Boni était ‘’Papa bonheur’’. Mais quand elle fut éjectée du gouvernement et tombée en disgrâce avec Yayi Boni, elle confesse devant ses militants. En somme, Claudine Prudencio finit par réaliser que Yayi Boni portait un masque.

 Comme les Tutsis rwandais qui se font passer pour des victimes du génocide de 1994, alors que les leaders tutsis étaient pires que des chimères et des hydres réunies, Yayi Boni était en réalité un ‘’Papa malheur’’. Du coup, elle prend ses distances vis-à-vis de son ancien patron au gouvernement qui, par ailleurs, tergiversait à attribuer à son époux, Samuel Dossou-Aworèt, le projet ‘’Epine dorsale’’ des chemins de fers Bénin-Niger. Alors Claudine Prudencio devient critique, très acerbe à l’égard du régime de la Refondation dont le chantre Yayi Boni, faisait feu de tout bois, à défaut de proroger illégalement son bail à la tête de l’Etat béninois, peser de tout son poids, dans l’élection d’un épouvantail docilement établi sous ses bottes et que d’aucuns désignaient par gouverneur néocolonialiste.

Ces agissements de Yayi Boni provoqueront en elle une colère viscérale et une haine inextinguible jusqu’à la présidentielle de 2016.

 A cette occasion, « Tanti rouge » ou « Sè vè » en langue Goun, a fait l’option de la rupture d’avec le système Yayi Boni. Parmi les candidats qui aspiraient remplacer  Yayi Boni, Claudine Prudencio jette son dévolu sur l’empereur de la viande avicole : Sébastien Ajavon. Elle constituait pour ainsi dire, l’unique sérieux parti, ayant un ancrage, quoique marginal au plan national, mais capable d’élire au moins un député dans la 6ème circonscription. Au terme des joutes 2016,  son candidat Ajavon se contentera du statut de faiseur de roi. Dès lors, Claudine Prudencio observera une attitude de sagesse face au régime du président Patrice Talon. Les ambitions du Chef de l’Etat contenues dans le programme d’actions du gouvernement, la gouvernance du chantre du Nouveau Départ, les actes et mesures engagés, convainquent la présidente de l’Udbn.  Ces éléments qui constituent des motifs de satisfaction, dessillent les yeux de Claudine Prudencio sur l’évidence d’une gouvernance qui présage  d’un lendemain meilleur pour les Béninois. Les efforts d’endoctrinement du président Talon, ôte à la présidente de l’Udbn des doutes sur la capacité de l’Exécutif à faire du Bénin un pays « radieux et fleuri ». C’est à ses motifs que Claudine Prudencio, saute pieds joints dans le système du Nouveau Départ. En   attendant peut-être de penser le contraire comme Candide, on peut souhaiter la bienvenue à « Tanti rouge ».

 Jean-Claude Kouagou