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hostie...La rentrée de la saignée

 A chaque rentrée scolaire correspond une réalité. Celle de 2017 n’a pas échappé à cette évidence. Bientôt un mois que les enfants ont repris le chemin de l’école. Et les parents d’élèves continuent de se plaindre du fardeau que constitue le package des frais de scolarité. Jamais, ils ne se sont aussi plaints. Jamais, ils n’ont aussi gémi à l’occasion d’une rentrée scolaire. Ils expriment avec effet de compassion leurs souffrances. Les problèmes de la rentrée scolaire occupent très sérieusement les échanges entre parents. Toute la question se résume à l’augmentation aussi brusque qu’exponentielle des frais d’écolage, surtout au niveau des établissements privés.

En effet, dans presque tous les établissements primaires et secondaires relevant de l’enseignement privé, le coût de la scolarité a grimpé de l’ordre de 35 à 50%. Par endroits, l’augmentation est de près de 100%. Alors, les parents d’élèves qui ont fait le choix d’inscrire leurs enfants dans le privé au motif de leur assurer un bon encadrement d’une part et de leur éviter les affres des débrayages dans les écoles publiques, ne savent plus où donner de la tête.  Entre autres, les packages des frais de scolarité sont constitués de frais généraux : inscription ou réinscription, apport financier pour l’extension des établissements, frais de bibliothèques, de loisirs, informatique, cantine… A ces frais variant entre 5000 Fcfa et 15000 Fcfa  par rubrique et dont le cumul frôle la barre des cinquante mille francs, s’ajoute la contribution scolaire elle-même dont les montants fluctuent entre 35.000 Fcfa et 90.000 Fcfa selon le niveau pédagogique et selon les écoles. Somme toute, les frais généraux et de la contribution scolaire varient, selon les cas, entre 60.000 Fcfa et 150.000 Fcfa par enfant inscrit dans l’enseignement privé.

Si dans l’illusion de nombre de Béninois, le privé est un gage d’un bon enseignement, il faut reconnaître cette fois-ci que l’intervention de l’Etat central pour harmoniser les coûts de contribution scolaire s’avère nécessaire voire indispensable pour le rendre accessible à ceux qui le désirent. Car, il y a trop de faux frais qui gonflent le coût de la scolarité dans l’enseignement privé. Il est donc impérieux d’assainir le secteur, tel qu’il a été décidé de la suppression des travaux dirigés dans les écoles. Ce fut une mesure salutaire qui contraint les enseignants à ne plus faire de la rétention du savoir dans la manière de dispenser les cours. Les  travaux dirigés organisés contre paiement d’une pension étaient le cadre approprié pour délivrer les connaissances retenues en classe.

Il faut donc un coup de pied dans la fourmilière pour mettre de l’ordre dans les tarifs relatifs à la contribution scolaire des enfants inscrits dans les établissements privés. Il faut déjà prendre des dispositions pour arrêter la saignée à l’occasion de la prochaine rentrée des classes. Car, que ce soit les établissements privés confessionnels, les établissements privés d’organismes à caractère social ou les établissements privés de tiers, tous ont valorisé gravement les montants des contributions scolaires. Dans un contexte de morosité économique générale, il est normal que l’Etat, dans son rôle régalien, intervienne pour rétablir l’équilibre. L’importance de ces établissements scolaires privés n’est plus à démontrer. A titre illustratif, il faut simplement imaginer ce que serait les écoles publiques si tous les effectifs du privé devraient  s’y ajouter. Il n’est donc pas question de les fermer. Mais de trouver le mécanisme pour rendre plus supportables les frais de contributions scolaires de l’enseignement privé. Cela peut passer par une subvention de l’Etat qui se réservera le droit de contrôle.

 Jean-Claude Kouagou