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hostie...S’affermir par examens

 Nombre d’établissements privés d’enseignement supérieur au Bénin, brandissent, comme des trophées, leur exploit d’accréditation du Cames. C’est le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur. Il est l’instance supra, garante des normes académiques universitaires sur le continent.  Lorsqu’on convient que l’obtention de l’accréditation au Cames intervient au terme d’un processus long, harassant et éprouvant qui soumet parfois des promoteurs d’universités aux travaux de Sisyphe, on comprend leur détermination à griffer sur tous leurs prospectus « Etablissement accrédité par le Cames ».

Alors presque tous étaient accrédités par le Cames. Seulement, certains et les plus nombreux couvaient des œufs pourris. L’affairisme, le laxisme, le favoritisme, la complaisance et toute autre attitude néfaste ont dressé le lit à l’incompétence des étudiants, pourtant détenteurs de diplômes et Licence ou de Master. Incapables de construire des phrases correctes. Incapables aussi de prouver leur savoir-faire, lorsque, par alchimie, ils sont recrutés dans une entreprise. Face aux doutes, incertitudes et à la remise en cause qui planaient désormais sur la qualification professionnelle des impétrants issus de l’enseignement supérieur du secteur privé, le gouvernement du président Talon a décrété, en pleine année académique, de l’organisation des examens nationaux pour la Licence et le Master. Cette décision unilatérale n’a pas été du goût de nombre de promoteurs d’établissements privés d’enseignement supérieur. Or, elle constitue une mesure transitoire pour remettre de l’ordre dans le secteur. Elle a été d’autant motivée que les établissements n’avaient pas achevé le processus national conduisant à leur homologation par l’Etat béninois, condition sine qua non pour la délivrance des diplômes. La couleuvre a ingurgité son venin et les victimes présumées ont fini par succomber. En effet, pendant que certains établissements apposaient une résistance, beaucoup se sont conformés à la décision du gouvernement en soumettant leurs étudiants à l’examen national de la Licence.

Un peu moins de trois mille candidats ont pris part au premier examen national de la Licence. Du côté du pouvoir, les fruits ont tenu la promesse des fleurs avec un taux de réussite très satisfaisant. C’est alors qu’ouvre la compétition des chiffres entre établissements. L’accréditation par le Cames n’est plus la marque de prestige. Chaque établissement qui a soumis ses apprenants à l’examen national de la Licence exhibe ses meilleures statistiques. 100% dans telle filière. 98% dans telle autre. Les examens nationaux passent désormais l’âge de pilule amère à l’âge de gélule aromatisée à la saveur de saccharose. L’Etat intrépide a fini par s’imposer de sorte que l’organisation des examens nationaux doit cesser d’être une transition et entrer dans les pratiques pour la délivrance des diplômes qui valorisent les titulaires, les enseignants et les établissements. Les examens nationaux affermissent davantage le leadership de certains établissements déjà accrédités par le Cames et auréoles de la norme de certification Iso.

 Jean-Claude Kouagou