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hostieUne bombe à la Cnss
 
Les jours à venir réservent beaucoup de surprises. A la Caisse nationale de sécurité sociale les magouilles, les jeux de pot de vin, les subsides, les placements à risque ont caractérisé ces dernières années la gestion. A l’heure de faire le grand ménage comme dans la  mythologie grecque, le nettoyage des écuries d’Augias, la panique s’empare des plus catholiques et saints qui s’érigent le plus souvent en donneurs de leçons.
Le processus ne fait que commencer. Il faut mettre à l’actif du gouvernement de Patrice Talon son engagement à en découdre avec les mauvaises pratiques. Le Conseil d’administration présidé par Eustache Kotingan tente de bouleverser les habitudes qui ont cours dans cet établissement public à caractère social. Et comme les réformes qui bousculent les mauvais comportements ne sont jamais les bienvenues, l’équipe de Kotingan essuie des critiques. Elle est vilipendée au moyen d’une campagne de désinformation. Mais quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se faire voir en chassant les ténèbres. Le grand bruit de résistance aux réformes de Kotingan, mû par le pragmatisme d’entrepreneur du secteur privé, a attiré l’attention de l’Exécutif qui cherche à mieux comprendre ce qui se passe à la Cnss. Les premières démarches attestent que les bruits de bottes couvent des scandales financiers. Des placements hasardeux ont été faits dans les banques contre des subsides. Il y en a qui ont été effectués dans des banques dont l’avenir n’était plus rassurant. Ces légèretés de gestion collent à la peau des administrateurs prédécesseurs de ceux de Kotingan. Alors, un Etat responsable se penche sur la question et entreprend de faire la lumière.
La moisson présage que de gros poissons se retrouveront dans la nasse. En effet, à l’étape actuelle des procédures, la Brigade économique et financière (Bef) s’est saisie du dossier. Première interpellation, le directeur général actuel de la Caisse, Dramane Diatéma. En fin de week-end écoulé, il a été écouté. A son retour, le directeur du contrôle financier a reçu une demande d’explication. Les réponses fournies n’ont pas  convaincu le Dg Diatéma qui l’a relevé de ses fonctions. Le Dcf est en poste depuis des années. S’il n’a pas pu convaincre son Directeur général de la gestion qu’il est censé contrôler, il va sans dire que les autres agents sont prédisposés à la panique. Comme un fil d’Ariane, les enquêtes remonteront à tous les niveaux de responsabilité des personnes qui ont géré les fonds des retraités. Après Diatéma, l’ancien président du Conseil d’administration de la Caisse Laurent Mètongnon, pourra être appelé à donner sa part de vérité à la Bef. Ses autres collègues aussi.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce sont des deniers publics. En cette matière, il faut gérer ces fonds suivant les règles qui régissent l’orthodoxie en matière de finances publiques. Si le redressement n’intervient pas vite pour redonner vie à la Caisse, ce sont des milliards de francs qui partiront en fumée du fait de la mal gouvernance. Et dans ces conditions, ce serait une véritable bombe qui emportera les auteurs du crime et occasionnera un déluge chez ceux qui cotisent à la Cnss. C’est cela que le gouvernement doit éviter.  Et il s’y attèle déjà.
Jean-Claude Kouagou