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hostieL’heure au Chd-Nati

Les urgences ne sont pas les bienvenues au Centre hospitalier départemental de l’Atacora basé à Natitingou. En tout cas, les médecins spécialistes ont certainement leur heure d’arrivée au service. A huit heures, ils sont rares, très rares à être au poste. On pourrait les dédouaner en considérant leur statut de spécialistes. Ils sont très sollicités et travaillent jusqu’à des heures indues. Soit !
Ce qui est un secret de Polichinelle, c’est que la plupart d’entre eux ont des centres ou des cliniques privés. Autant, ils sont absorbés par la masse de travail là où ils officient en qualité d’agents de la fonction publique, autant, ils s’occupent de leurs propres affaires. Conséquence, nombre d’entre eux grignotent sur les heures de démarrage du travail au Chd de Natitingou. Et comme quand le chat est absent, les souris sont appelées à danser, certains collaborateurs des médecins spécialistes ont pris de mauvaises habitudes du fait de l’arrivée tardive des patrons au service. 8h, non, c’est trop tôt. 8h15mn, c’est encore juste. 8h30m, c’est assurément à cette heure que des agents du Chd se décollent du support qui les a hébergés la veille. 9h, oui. On a fini de faire ses toilettes et de s’apprêter pour le travail de l’Etat. 9h30mn, c’est l’heure de la mise en place pour les agents publics. Il y en a dont le passage devant les patients assis sur les bancs depuis deux heures les fait sursauter. Les accompagnateurs de malades qui, éventuellement faisaient un rattrapage de sommeil se remettent de leur somnolence. Car l’absence d’indiscrétion occasionnée par des pas accélérés de dames, rappelle une scène dans « La Secrétaire particulière » de Jean Pliya. A l’image de Nathalie, les hauts talons au-dessus desquels sont posées les dames pressées comme si elles allaient rattraper le temps perdu, martèlent le sol, de façon rythmique. La marche attire l’attention de tous y compris, ceux dont la santé est défectueuse.
Face à ce constat aux conséquences préjudiciables sur le bien-être d’une population qui lutte contre la paupérisation, l’on peut s’interroger sur le rôle managérial du directeur de l’hôpital. Il est en effet important pour le premier responsable de cet hôpital de veiller au bon fonctionnement de ce service public traitant des questions de la vie des hommes.
Ainsi en tenant compte des effectifs (insuffisants) et des primes à leur allouer, le Directeur du Chd peut instaurer en début de semaine à partir de 7heures des réunions hebdomadaires avec tous les chefs de services, qu’ils soient du personnel administratif ou du personnel médical. Ensuite, exiger la présence au poste de tous les agents médicaux tous les jours à partir de 8heures. C’est de cette manière qu’on s’occupera plus efficacement de la santé des populations qui concourront avec les médecins au développement du pays.
Il est indécent de constater que les patients attendent longuement les médecins, aggravant ainsi leur état de santé. Dans le fonctionnement actuel du Chd de Natitingou, l’hôpital est moins un Centre qui donne ou redonne la vie. Cela est d’autant une réalité qu’à l’arrivée des spécialistes de santé, ils doivent tenir avec leurs subalternes des réunions dites « staff ». Lorsqu’on sait qu’un enfant meurt toutes les deux minutes du fait du paludisme, on peut comprendre qu’il est impérieux que l’agent public de santé fasse l’effort d’être présent au poste à l’heure. L’Etat se chargera de créer pour lui les meilleures conditions de travail. C’est au nom du serment d’Hippocrate.

Jean-Claude Kouagou