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hostieLa Rb rénovée
 Les résolutions du congrès d’Abomey tendent à réunifier la Renaissance du Bénin minée, depuis la 19 Mai 2017, par une crise de leadership. A l’image de la chute du mur de Berlin qui a réunifié en novembre 1989 la République fédérale d’Allemagne (Rfa) et la République démocratique d’Allemagne (Rda), réformistes et conservateurs de la Renaissance du Bénin semblent avoir trouvé l’homme du consensus. Il s’agit de Maître Abraham Zinzindohoué. Membre influent et personnalité de la Renaissance du Bénin s’identifiant au couple présidentiel Rosine et Nicéphore Soglo, Abraham Zinzindohoué est porté pinacle. Il accepte la charge. Dans l’intervention qu’il a faite, ses premiers mots ont traduit une déférence stratégique au couple Soglo.
Zinzindohoué est donc le président de la Renaissance du Bénin au terme du congrès organisé par les Réformistes. L’ancien président de la Cour Suprême était engagé, contre les Soglo, du côté des Réformistes qui l’ont fait président du comité d’organisation du congrès révolutionnaire d’Abomey. La Renaissance du Bénin fondée par Maitre Rosine Vieyra Soglo en 1992 a été dirigée pendant 25 ans par les Soglo, suivant un régime matriarcal. Après un quart de siècle, la rénovation s’est imposée. Pendant que le combat politico-juridique se mène au tribunal de Cotonou, la sentence d’Abomey semble donner une trajectoire à la décision de la juridiction qui connait la crise de la Renaissance. Puisque Maître Abraham Zinzindohoué voue toujours une considération et une docilité au couple Soglo, il satisfait le vœu de Nicéphore Soglo qui, plus d’une fois, a martelé « tant que je suis vivant, personne ne peut nous arracher la Rb ». Car, Abraham Zinzindohoué à la tête de la Renaissance du Bénin, c’est comme le prolongement des Soglo. Mais c’est beaucoup plus l’alternative crédible pour les Réformistes. Ces derniers ont d’ailleurs réussi à asséner un coup dur à Léhady Soglo qui a préféré refaire sa foi à la Mecque que d’être au front. Or, sa survie politique en dépend. Léhady pensait assurément que le maire de Bohicon, Luc Atrokpo, serait candidat au poste de président du Parti. Il s’est trompé d’adversaire et en assumera les conséquences.
La candidature de Me Abraham Zinzindohoué fut une surprise. L’homme favorable au changement des pratiques au sein de ce parti, est le porte-étendard, des plus jeunes mais combien influents, que sont Luc Atrokpo, Georges Bada, Gildas Agonkan et bien d’autres. Léhady Soglo, le président déchu par la session extraordinaire du 19 Mai 2017, ne réalise pas encore qu’il a perdu les commandes du Parti. Son père a confessé et fait des confidences qu’il avait le complexe d’oedipe.  Car, dit Nicéphore Soglo, Léhady pense qu’il peut s’affranchir du père. Il s’efforce de ne plus se faire traiter par le philosophe de Jonquet, Candide AzannaÏ, d’enfant enrobé dans les jupes de Maman et dans les pantalons de Papa. Ce faisant, Léhady a commis des erreurs monstres depuis la dernière élection présidentielle et qui lui coûtent son fauteuil de président. Si le tribunal de Cotonou juge en sa défaveur, la messe lui sera totalement dite.
Jean-Claude Kouagou