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 Au terme de la décision Dcc 18-001 du 18 janvier 2018, le Parlement reprend sa copie relative à la loi 2017-43 modifiant et complétant la loi n° 2015-18 du 13 juillet 2017 portant statut général de la Fonction publique, qu’il a adoptée le 28 décembre 2017. Dans cette décision, la Haute juridiction enjoint les députés d’encadrer la jouissance du droit de grève. En voulant se conformer à cette directive, les représentants du peuple devront étendre la mesure de l’organisation de la grève à l’enseignement dont l’état de décrépitude est en partie tributaire des grèves intempestives. En clair, en plus des secteurs de la santé, de la justice et de la sécurité, il faut saisir l’opportunité du renvoi à l’Assemblée de la loi 2017-43 modifiant et complétant la loi n° 2015-18 du 13 juillet 2017, pour aménager le droit de grève dans l’enseignement. 

Il faut remarquer que les revenus des cadres suffisent à peine pour couvrir les charges du minimum social commun. Cependant, ils sont contraints d’inscrire leurs enfants dans l’enseignement privé. Or, la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, dispose en son article 13 que « l’Etat pourvoit à l’éducation de la jeunesse par les écoles publiques. L’enseignement primaire est obligatoire. L’Etat assure progressivement la gratuité de l’enseignement public».  Donc, même s’il faut reprocher la méthode de mise en œuvre de cette prescription constitutionnelle, il faut reconnaître que sous le régime du président Yayi Boni, la volonté politique de traduire cette exigence en réalité a été manifeste. Dans tous les cas, il est une obligation constitutionnelle pour les pouvoirs publics d’assurer la gratuité de l’enseignement public. Malgré les efforts consentis dans ce sens, la quasi-totalité des cadres, avec leurs maigres ressources de petits fonctionnaires, des commerçants moyens, et naturellement des nababs accourent vers les établissements privés d’enseignement.

Si cette attitude est presque systématique chez certaines catégories de citoyens, c’est parce que ces citoyens estiment que le privé est gage de sécurité scolaire. Les parents préfèrent inscrire leurs mômes dans les établissements privés plutôt que dans les écoles publiques où la gratuité est une réalité conformément à la Constitution. L’on préfère débourser 50.000F, 70.000F, 100.000F, 150.000F et même plus pour inscrire son enfant dans l’enseignement privé. Or, tout le monde sait que l’inscription des filles dans les écoles primaires publiques, ainsi qu’au premier cycle de l’enseignement secondaire est gratuite. En plus, dans certaines écoles, il est assuré aux enfants la pension alimentaire par le mécanisme des cantines scolaires. Malgré toutes ces offres gratuites, le citoyen qui se donne une certaine considération sociale, inscrit ses enfants (filles comme garçons) dans le privé. Que de paradoxes !

Mais, à l’analyse de la situation, et tenant compte de l’émancipation rapide des enfants d’aujourd’hui, pour les préserver de la débauche préjudiciable à leur avenir, tout parent qui, au sacrifice de son confort personnel, peut s’acquitter de ses obligations contractuelles vis-à-vis des établissements privés, y inscrit ses enfants. Le coût énorme de l’éducation est source d’appauvrissement de nombre de citoyens hantés par les effets pervers de grèves perlées dans l’enseignement public. Dès lors, il urge que le législateur, en voulant encadrer la jouissance du droit de grève, étende les mêmes mesures à l’enseignement public pour lui permettre de redorer son blason face au privé dont les résultats sont très élogieux. Gilbert Kassa Mampo de la Cstb, Noël Chadaré et leurs collègues n’y trouveraient aucun inconvénient puisqu’ils paient les mêmes frais dans le privé.

 Jean-Claude Kouagou