Spread the love

hostieL’interpellation !

 « Le livre blanc » renseigne sur l’état de la corruption au Bénin. Plus encore le titre évocateur de « Une démocratie prisonnière de la corruption. » La culture de la méfiance des uns envers les autres rappelée par Victor Topanou dans « Introduction à la sociologie politique » participe à la culture de l’obscurantisme. Du coup, la transparence dans la gestion des affaires publiques fait défaut. La réédition des comptes par les décideurs devient une pratique rare. Quand elle n’est pas faite, c’est dans l’esprit de présenter ce qu’on estime de bien. Ce sont ces pratiques qui arrièrent le Bénin.

L’impunité est légendaire et tolérée. En effet, lorsqu’un pouvoir s’attelle véritablement à lutter contre la corruption, il y a le plus souvent une levée de bouclier, une immixtion dans la gestion du processus par les forces politiques qui perpétuent ainsi les pratiques rétrogrades. La morale a déserté le forum. Le prête ou le pasteur de l’Eglise, le féticheur ou l’Imam ont fini de prêcher les bonnes nouvelles et plaident pour leurs meilleurs fidèles donateurs. Et ainsi, l’immoralité a atteint un niveau critique, tel qu’il est difficile de régresser. Or, lorsque les politiques ont échoué à leur mission de lutte contre la corruption, en principe, il ne reste que la religion pour sermonner les consciences à travers les enseignements. Il ne reste que la religion pour dire aux fidèles, que Dieu s’est opposé au vol et à la médisance. Il ne reste que la religion pour faire savoir aux fidèles qu’il y a un dernier jour pour le jugement. Il ne reste que la religion pour rappeler aux fidèles qu’avant même d’aller en enfer, il y a le tribunal d’Osiris plus fort que les cours et tribunaux des humains qui s’appuient sur le droit pour rendre justice. Il ne reste que la religion pour interpeller de façon permanente et efficace les consciences.

L’enseignement des commandements de Dieu, quelle que soit la religion,  concourt à l’éducation des citoyens. Dans un pays comme le Bénin où tout le monde est croyant au point même de fréquenter deux ou plusieurs temples de Dieu de doctrines différentes, c’est un paradoxe, que l’immoralité, la rébellion contre les dirigeants aient cours. Ce sont les origines mêmes des maux qui affaiblissent l’Etat et maintiennent tous les citoyens dans l’état de nature où règne animosité. Dans un tel contexte, tout le monde est en insécurité. C’est bien ce que vivent les Béninois. L’Etat s’est affaibli par des pratiques avilissantes de ses ressortissants.

En conséquence, les politiques publiques peinent à prospérer pour que les résultats concourent au bien-être des citoyens.

 Jean-Claude Kouagou