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hostieCharles Toko et la doxa
 En néo-rhétorique, la doxa est toute attitude du communicateur qui consiste à s’accommoder avec les réalités sociologiques en vigueur dans le milieu. Le contraire, c’est-à-dire qui n’est plus en harmonie avec le milieu, est précédé de para. Le journaliste tout feu tout flamme d’hier, l’éditorialiste de « Façon de voir », l’entrepreneur inlassable, le politique d’aujourd’hui, maire de la troisième ville à statut particulier, démontre comment il est un grand communicateur. Si « le discours est un tyran très puissant » d’après Gorgias, la doxa concourt à porter efficacement le message au destinataire. Pour être clair, la doxa est l’ensemble des valeurs, des principes et pesanteurs sociologiques qui caractérisent le milieu dans lequel on communique. La communication est plurielle. On distingue la communication gestuelle, la communication par le regard, la communication par le silence et même la communication vestimentaire. Le maire de Parakou, Charles Toko, connaît bien tout cela. Charles, à l’état civil, répond aussi au nom de Ahmed. Selon les chiffres de l’Institut national de statistiques et d’analyses économiques (Insae) issus du quatrième recensement général de la population et de l’habitat (Rgph 4) de 2013, l’Islam occupe la première place dans la classification des religions au Bénin. Le Borgou vient en tête et on peut en déduire que les musulmans sont les plus nombreux à Parakou. Alors, le maire Ahmed, pour être en phase avec la majorité de ses administrés qui croient en l’existence de Dieu, ne rate aucune occasion pour faire usage de la doxa. Il laisse dans sa garde-robe les costumes de ses ancêtres les Gaulois et enfile le costume traditionnel (3 pièces) lors des grandes fêtes musulmanes. On le voit d’ailleurs aux premières loges des officiels. Charles Toko s’exprime ainsi par ses boubous et autres modèles de vêtements réalisés à partir de tissus Bazin de toute gamme.
‘’Le démon de la presse béninoise’’, pour reprendre les propos de feu Mathieu Kérékou, qui l’a ainsi qualifié, en raison de sa plume très engagée, a pleine conscience qu’il ne doit pas scier la branche sur laquelle il s’est assis.
La stratégie communicationnelle de Charles Toko a tout son sens, quand on est maire ambitieux et porteur de grandes et multiples réformes qui bouleversent les mauvaises habitudes. Parakou, la cité des Koburu, est la métropole incontestée du septentrion. Le maire qui veut en faire le « Paris » du Bénin a rencontré des résistances lors de la mise en œuvre de ses réformes. Mais, suivant son génie, il n’a pas abdiqué. Il ne recule d’ailleurs jamais devant des écueils. Les nombreux projets qu’esquivaient ses prédécesseurs ont été méthodiquement mis en œuvre avec conviction et perspicacité. Pour se faire comprendre au-delà des mots, les  faits et gestes constituent une communication efficace et efficiente. Charles Toko l’a si bien compris. Montesquieu ne disait-il pas : « Pour faire les grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes. Il faut être avec eux. » La doxa en est une approche.
 
Jean-Claude Kouagou