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hostieLa guerre au Sodabi

Le Sodabi est déclaré boisson non grata à Natitingou. Du moins le Sodabi contrefait. Des personnalités et la société civile ainsi que les autorités communales livrent désormais une guerre acharnée contre ce poison de type nouveau. En effet, le Sodabi qui se commercialise à Natitingou et plus généralement dans l’Atacora est pire que le curare. Il est fabriqué à base du Tramadol et autres ingrédients. A l’hôpital de référence de Tanguiété, il a été découvert dans des examens médicaux de patients, souvent ivrognes, que leur sang contenait des traces de formol.
Ce diagnostic clinique est effroyable. Un vivant qui traîne des traces de formol dans le sang ? Il faut être dans l’Atacora pour s’en convaincre. Le Sodabi vendu là-bas n’est pas de bonne qualité. Ce qui est plus supportable par l’entendement, c’est la présence du Tramadol. Ce produit pharmaceutique est un antalgique, c’est-à-dire qu’il combat les douleurs intenses. Au Cameroun, on qualifie le Tramadol de « comprimé de l’arrogance et de l’impertinence. » Il est « un stimulant sexuel et un tonifiant pour les conducteurs de taxi motos béninois ».Mais, il est aussi mortifère. Au Tchad, ses conséquences se sont révélées désastreuses. « Les accidents mortels sont fréquents à N’Djamena », c’est l’effet du Tramadol, répondent des enquêtés.
Le Tramadol possède des effets secondaires très sérieux. On peut citer : la somnolence, le vertige, la nausée, les difficultés respiratoires.  A ceux-là s’ajoutent d’autres effets tels que : hallucinations, constipations, euphorie et troubles visuels, accélération du rythme cardiaque, etc. Sous ces effets secondaires indésirables, l’homme perd ses facultés et peut se donner la mort de diverses manières. C’est le pouvoir du Tramadol contenu dans le Sodabi qui est à l’origine de bien de maux des populations de l’Atacora. Cette liqueur décime la couche juvénile. Mais qu’est-ce Sodabi à la réalité ?
Le Sodabi est l’une des meilleures inventions béninoises. Il s’agit d’une liqueur de palme limpide ayant une teneur d’alcool très élevée. Son arome et sa saveur se laissent boire facilement. Le Sodabi d’origine de palme pure, à défaut d’être thérapeutique, est un excellent apéritif. En effet, la bonne qualité du Sodabi se digère facilement et prédispose le consommateur  à une faim de loup. Car, il provoque l’envie véritable de manger. En termes d’inconvénients, le Sodabi provoque des effets indésirables tels qu’il met le consommateur dans de second état en cas d’abus. C’est bien l’axiome de la nuisibilité de tout excès. Le Sodabi authentique, fabriqué dans des conditions d’hygiène recommandées avec des ingrédients de palmes et bu modérément, n’a rien à envier aux marques standardisées des liqueurs dont les coûts donnent du vertige aux petits gagne-pains.
Mais, le Sodabi « kpayo », le Sodabi frelaté, Non. Il est plus que jamais question de décourager la consommation de cette liqueur, tant qu’on n’aura pas la certitude qu’elle est de bonne qualité. L’impact sera plus fort avec les radios de proximité et les Ong qui doivent intervenir directement sur le terrain. Donc il faut des partenaires pour ce projet de lutte contre le Sodabi. La mairie et la préfecture doivent aussi prendre le sujet à bras le corps en associant la police républicaine à traquer les commerçants véreux, à interpeller et garder à vue des ivrognes. Car, il faut agir à tous les niveaux simultanément et avec efficacité.

Jean-Claude Kouagou