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hostieLa chute de Zuma
Le président sud-africain, Jacob Zuma est tombé en disgrâce avec les membres de son parti. Sa déchéance n’est plus qu’une question de jour. A cet effet, la presse internationale, reprenant la publication, mercredi 7 février 2018, par le Congrès nationale africain, annonce que le sort du président sud-africain Jacob Zuma sera connu « dans les prochains jours ». La presse locale affirme quant à elle que le chef de l’État, embourbé dans des scandales de corruption, accepterait de partir sous conditions.
L’Anc, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, cherche à lui trouver une porte de sortie « digne ». Au pouvoir depuis 2009, Jacob Zuma est englué dans plusieurs scandales de corruption et de détournement de fonds publics. Selon une partie de la presse locale, il aurait accepté de démissionner sous conditions. Son porte-parole n’a souhaité faire aucun commentaire. « Il ne faut pas se hasarder à faire de la politique-fiction, la situation est très confuse », nuance toutefois Caroline Dumay, la correspondante de France 24 dans le pays. Selon elle, l’Anc fait face à un véritable casse-tête tant deux camps s’affrontent au sein du parti, l’un dévoué à Jacob Zuma, l’autre à Cyril Ramaphosa, le dirigeant de l’Anc.
La pression sur le président de la République s’est accentuée depuis que Cyril Ramaphosa a été élu à la tête du parti. Les deux hommes se sont rencontrés mardi 6 février 2018 au Cap. À la suite de cet entretien, qualifié de « constructif » par l’Anc, le parti a annoncé le report d’une réunion extraordinaire de son comité exécutif qui devrait se tenir hier mercredi. Ce report a alimenté les spéculations et autres supputations sur le fait qu’un accord avait été conclu en vue de son départ.
Jacob Zuma, 75 ans, s’était déjà entretenu dimanche soir avec les six principaux membres de la direction du parti à sa résidence officielle à Pretoria, mais rien n’a filtré de cette réunion. Ce ne serait pas la première fois qu’un président sud-africain serait poussé prématurément vers la sortie. En 2008, après son élection à la tête de l’Anc, Jacob Zuma avait lui-même été à la manœuvre pour écarter Thabo M’Beki de la présidence de la République.
Jacob Zuma, né le 12 avril 1942, est un homme d’État sud-africain, président de la République depuis le 9 mai 2009. Issu de l’ethnie Zoulou, autodidacte, il est une figure de la lutte anti-apartheid, ayant été emprisonné durant dix ans à Robben Island, au large du Cap. Membre de l’aile gauche du Congrès national africain (Anc), il est vice-président de la République de 1999 à 2005 et accède à la tête de l’Anc en 2007. En 2009, après la victoire de l’ANC aux élections législatives, il est élu président de la République par le Parlement. Il succède au président intérimaire, Kgalema Motlanthe, qui devient vice-président de la République. Jacob Zuma et l’Anc remportent les élections législatives de 2014 dans un contexte social, politique et économique délicat, ce qui lui permet d’être réélu chef de l’État par l’Assemblée nationale. Il est régulièrement au centre de polémiques et menacé de motions de défiance en raison d’accusations d’agressions sexuelles, de scandales de corruption et de dégradation de la situation économique du pays. Il passe des moments sombres et critiques de son histoire, en tant que chef d’Etat.

Jean-Claude Kouagou