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hostieLe folklore des Fcbe

Que retenir du congrès des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) à Parakou ? Le mérite d’avoir tenu une rencontre politique d’une opposition au régime en place dans la métropole du Septentrion. Quoi d’autre ? Une occasion formelle qui a permis à l’ex président Yayi Boni, chantre de la doctrine « caurisme », de s’afficher publiquement et de se prononcer à sa façon sur l’actualité sociopolitique nationale. Quoi de plus ? Une occasion de faire crépiter les smartphones de messages provenant des échanges de Pro-Talon et de Pro-Yayi, sur les différentes applications qu’offrent les technologies de l’information et de la communication. Quoi encore ? Plus rien. Sinon que « l’éléphant est arrivé avec le pied cassé », pour reprendre une expression des Ivoiriens.

Comme les bandes dessinées d’Akim, de Zagor, de  Zembla… ; la rencontre des Fcbe à Parakou ce week-end du 10 février 2018 nous a bouché le tympan avec les bla-bla-bla, « ça ne va pas ». Bla-bla-bla, « libertés publiques » Bla-bla-bla, « Yayi est bon ». Bla-bla-bla, « on s’était trompé ». Bla-bla-bla, « mon ami et frère le président Patrice Talon… ». Bla-bla-bla ; Bla-bla-bla, et Bla-bla-bla…

La gestion du pouvoir d’Etat n’est ni un jeu d’enfant de chœur. Entre les annonces d’intention et la réalité, il y a souvent un écart raisonnablement considérable. Cet écart se découvre aussi bien par les gouvernants qui accèdent aux hautes charges de l’Etat, que par les citoyens qui se sont laissés embobiner par les discours des candidats, merveilleusement bâtis sous l’art de la rhétorique. Certes, le président Patrice Talon, lentement, mais sûrement fait ses expériences à la tête de l’Etat. C’est humain et même en tant que compétiteur-né, il connaîtra ses échecs, mais surtout ses succès pour le plus grand bonheur du peuple détenteur du pouvoir. Ce qui enchante chez Patrice Talon, c’est cette constance dans la pensée, dans la réflexion et dans l’action publique. Le président de la République, face aux réalités du pouvoir, refuse d’abdiquer. Il refuse de céder aux chantages et autres rodomontades pour pervertir la fonction du chef de l’Etat. Ce qui enchante aussi chez le président Talon, c’est cette force inébranlable à rappeler à la mémoire de ses mandants, qu’il ne reculera devant aucun obstacle dans la mise en œuvre de son projet de société essentiellement constitué de réformes politiques et institutionnelles. Il sait, comme tout président de la République, qu’il sera évalué par le peuple sur la base des réalisations physiques, c’est-à-dire la construction d’infrastructures. Et il s’y attelle.

La seule vedette de samedi dernier à Parakou, le sait mieux que quiconque, pour avoir fait ses essais durant une décennie. En témoignent ses propos moins virulents ceux des que  « apprentis et carriéristes politiques ». La foule immense, qu’il ne faut surtout pas confondre avec les militants des Fcbe, avait besoin de satisfaire sa curiosité. Car, le congrès se tenait à ciel ouvert, offrant aux citoyens l’occasion de rincer leurs yeux par contemplation des files de voitures rutilantes de ceux qui constituaient les officiels. La foule immense, qu’il ne faut surtout pas confondre avec les militants des Fcbe, devrait aussi exprimer ses émotions comme il est de coutume lorsqu’un personnage public, longtemps éclipsé des médias pendant un certain temps refait son apparition dans l’arène politique. Léopold Sédar Senghor n’a-t-il pas soutenu que « l’émotion est nègre et la raison est hellène ! » C’est malheureusement, bien pensé.

Jean-Claude Kouagou