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hostie..L’écho de la voix interne

A la problématique de savoir à quelle condition le président Faure Gnassingbé devrait quitter le pouvoir en 2020 après 15 années de règne, les langues se délient et les passions se déchainent mettant le pays à l’épreuve de la paix. Mais, il semble qu’une voix interne s’adresse désormais au cœur de chaque acteur de la crise togolaise. Entre les partisans du départ de Faure et ceux de son maintien, s’instaure la passerelle susceptible de faire entendre raison les protagonistes qui entretiennent les étincelles d’une atmosphère explosive dans ce pays francophone au sud du Sahara.

L’influence de l’écho des songes sur le cœur des Togolais est certainement à l’origine de l’ouverture ce jour lundi 19 février 2018 du « Dialogue inter-togolais ». Il y a des coïncidences heureuses et bizarres qui se produisent dans la vie des humains. Nul n’ignore les rapports séculaires et historiques qui lient le Togo et le Bénin. Rattachés par l’histoire d’Adja-Tado au sud, les peuples togolais et béninois partagent, avec des similitudes émouvantes et déroutantes, des us et coutumes dans les régions septentrionales. En effet, on retrouve à partir du Centre du Togo (Sokodé) des ethnies de Bassila au Bénin, à Kara, les Kabiais s’apparentent au Lokpa de Ouaké au Bénin. A l’extrême nord Kantè et Nadoba, on retrouve les peuples Tamberma l’équivalant linguistique des Bêtammariba de Boukombé et de Natitingou au Bénin.

Et voici que le Togo qui se décimait au travers de crises politiques interminables retient la date historique du Bénin pour la tenue de son dialogue. Coïncidence pour coïncidence, la Conférence des forces vives de la Nation du Bénin s’est ouverte le lundi 19 février 1990, il y a exactement 28 ans. C’est cette assise nationale bien préparée qui a renforcé les liens de fraternité des Béninois sous l’option du régime démocratique. Le « Dialogue inter-togolais » s’ouvre à Lomé, à la même date et le même jour avec les mêmes espérances qui étaient celles du Bénin le lundi 19 février 1990.

Déjà, les travaux préliminaires au « Dialogue » ouverts jeudi 15 février 2018 à Lomé présagent d’une issue heureuse. Plusieurs points ont été abordés durant cette rencontre présidée par l’envoyé spécial du chef de l’État ghanéen, le ministre Albert Kan-Dapaah. Les principaux ténors de la vie politique étaient présents à la médiation ghanéenne dont la coalition des 14. Celle-ci était représentée par le député Jean Kissi du Car, Eric Dupuy de l’Anc et Tchatikpi Ouro-Djikpa du Pnp. Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition et Brigitte Adjamagbo-Johnson, réunis pour «soutenir» leurs collègues présents à l’ouverture des discussions. Daniel Oseï représentant du groupe des facilitateurs, a fait savoir que : « les discussions ont eu lieu dans un esprit d’ouverture et avec une franchise exceptionnelle ». Les participants se sont accordés sur : les principaux objectifs et principes directeurs du dialogue, le mode communication avec la presse suite aux décisions du dialogue, le format et la procédure du dialogue ainsi que son ordre du jour.

Les principales revendications de la Coalition des 14 partis politiques, sont le retour de la Constitution de 1992 dans son état originel avec toutes ses conséquences qui doivent en découler et le vote de la diaspora. La veille de la rencontre préparatoire, l’archevêque émérite de Lomé, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, avait qualifié le retour à cette Constitution de « vraie voie de salut pour un processus démocratique paisible ». Il avait également appelé le président Faure Gnassingbé à partir en 2020. Se préoccupant de cette crise qui a pris de nouvelles tournures depuis août 2017, le frère Melchior, Albert Tévoédjrè, a saisi le président Faure par une lettre interpellant sa conscience.

 Jean-Claude Kouagou