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hostie..Elles aussi criminelles?

On tombe des nues quand on apprend que des structures officielles chargées de la répartition des médicaments au Bénin s’approvisionnent chez un trafiquant illégal. Plus que la baïonnette, et mieux que les médias, ces structures contribuent à tuer la population. L’information judiciaire ouverte à cet effet laisse des appréhensions. Dans l’hypothèse que les enquêtes confirment les charges qui pèsent sur ces structures, elles auraient été pires que les Russes qui ont créé une administration de camp de concentration humaine et sur lequel Alexandre Soljenitsyne a consacré le livre intitulé : L’archipel de Goulag. Les structures publiques ainsi indexées dans les enquêtes préliminaires se révèleront plus que des assassines s’il advenait qu’elles n’arrivent pas à prouver leur innocence au bout de la procédure judiciaire.

Si leur culpabilité était établie, elles seraient en conséquence condamnées. Et ainsi, ce serait sur la base du chef d’accusation de crime contre l’humanité. Les chrétiens, surtout Catholiques, pour avoir été formatés suivant la doctrine, savent que le péché se commet, non pas seulement par action, mais aussi par intention. Que ceux qui, publiquement, ont été investis pour répartir des médicaments dans les pharmacies se mettent à tricher, il n’y a pas pires criminels. Elles ont franchi l’étape du péché intentionnel et ont commis le péché originel. Car, ce qui est en jeu c’est la santé des citoyens. En trichant et en s’approvisionnant chez un importateur de produits d’origine douteuse, et par ailleurs non qualifié pour ce commerce, les grossistes ainsi épinglés posent à l’Etat un réel problème de santé publique. Imaginez au quotidien le nombre de personnes qui se procurent des médicaments dans les pharmacies estimant qu’ils ont la garantie de ce que les produits ainsi achetés proviennent des laboratoires de grande réputation et donc susceptibles de guérir leurs maux. La tricherie a enfreint à la morale.La complicité de ces structures à enrichir un homme sur l’autel de la cupidité n’est qu’une trahison qui décime les bras valides de la Nation.

A l’issue de l’audience du premier jour mercredi 21 février 2018, certains des directeurs généraux ont été placés sous mandat de dépôt. A cette allure, il est à parier que les responsables des structures incriminées auront du mal à se tirer d’affaire. Ces structures ont noms : Centrale d’achat des médicaments essentiels (Came), Union béninoise de pharmaciens (Ubphar), Groupe Ubipharm, Groupe Promopharma et Groupement d’achat des pharmaciens d’officine du Bénin (Gapob). A priori, il s’agit de structures respectables qui ont réussi à bâtir une bonne réputation dans l’opinion publique sur au moins un quart de siècle. Qu’elles soient aujourd’hui soupçonnées de distiller frauduleusement des médicaments contrefaits et des substances toxiques, le procureur de la République n’avait d’autre choix que de les interpeller, le temps de fouiner et de tirer au clair cette sulfureuse affaire de faux médicaments.

Quand la morale déserte les bonnes pratiques, la situation ouvre le champ à la perversion, on ne peut qu’assister à de telles déviances. Si le cœur ne leur dit rien dans cette entreprise criminelle, Dieu l’omniscient sait tout et voit tout. Et comme cela se dit dans les différentes cultures, tous les jours pour le voleur et un jour pour le propriétaire. Ce jour est celui de la justice divine qui est en train d’éclairer la justice des hommes.

 Jean-Claude Kouagou