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hostieDavid et Goliath

 Dans l’histoire post conférence nationale du Bénin, ce n’est pas  pour la première fois que deux camps politiques s’affrontent sans merci. Il en a été ainsi du temps de Nicéphore Soglo qui avait en face une opposition virulente conduite par des têtes de proue dont Albert Tévoédjrè. Il en a aussi été ainsi du temps de Mathieu Kérékou qui devrait être aux prises avec une opposition aussi féroce dont le leader était sans doute Nicéphore Soglo. Il a été enfin aussi de même du temps de Yayi Boni dont la méthode brouillonne de conduire les affaires publiques a ligué contre son régime tous les renards et vieux briscards de la politique nationale. L’histoire se reproduit de manière presque identique avec la nuance que les acteurs d’hier ne sont plus tous ceux d’aujourd’hui.

En effet, face au régime du président Patrice Talon, qui s’est engagé dans la voie du modernisme du Bénin, à travers des réformes politiques et institutionnelles, il se développe en face une opposition d’acteurs ayant servi le pouvoir de Yayi Boni mis en déroute par le compétiteur-né. Taxés à tort ou à raison de prévaricateurs, les caciques du régime du Changement et de la Refondation, accablés de montres scandales politico-économico-financiers, multiplient les stratagèmes pour s’échapper des mailles de la justice. A ce premier combat noble et digne d’être mené dans un Etat de droit, s’ajoute celui qui, en régime démocratique, est un baromètre : il s’agit de celui des élections.

Les signes avant-coureurs s’identifient à l’aune de l’animation de la vie politique nationale. Les partisans de l’ancien président Yayi Boni refusent de fléchir avant les hostilités. Ils rivalisent d’ardeur à animer une opposition face au régime du président Patrice Talon. Pour l’heure le prisme d’observation décante bien la situation. Comme dans un match de football, d’un côté, il y a les attaquants, donc des adeptes du yayisme, et de l’autre les défenseurs partisans les réformes politiques et institutionnelles soutenant alors le président Patrice Talon. Qui des deux acteurs prendra le dessus dans ce duel à mort à l’occasion des prochaines joutes électorales ?

Il est fort à parier que la lutte pour remporter la majorité des sièges par un camp ou un autre produira des étincelles. Le combat sera rude à l’image de celui de David contre Goliath. Ce combat, est un épisode de la Bible et cité aussi dans le Saint Coran. Dans ce combat, David encore adolescent, abat le héros des Philistins, le géant Goliath, d’un caillou lancé avec une fronde. Goliath partit du camp philistin et mit l’armée d’Israël au défi de trouver un homme suffisamment fort pour gagner un duel déterminant l’issue du combat entre les deux nations. Cette provocation fut réitérée quotidiennement pendant 40 jours. Finalement, David, jeune berger agréé par Dieu, releva le défi lancé par Goliath. Après avoir déclaré qu’il venait contre lui avec l’appui de Dieu, David lui jeta une pierre avec sa fronde. Celle-ci s’enfonça dans le front de Goliath qui tomba à terre. David lui prit son épée et acheva le géant en lui coupant la tête.

Le géant d’hier Yayi Boni refuse de déposer les armes. Il veut lui-même conduire, dit-on, la liste des candidats de sa chapelle politique aux législatives. Le camp Talon, qui s’est fait petit jusque-là sort désormais ses griffes et tend à répondre du tac au tac et ne plus laisser le champ libre à ceux qui ont déjà fait leur expérience hier. Au regard des valeurs qu’ils défendent, le camp Talon oppose une riposte à la hauteur des attaques. Alors, qui vaincra ?

 Jean-Claude Kouagou