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hostieLe Faso à la Une

Le pays des Hommes intègres, le Burkina Faso est sous les feux de la rampe depuis vendredi 2 mars 2018. Une explosion provenant d’une voiture piégée a créé l’émoi et relancé de plus belle l’actualité sur le terrorisme. Les cibles : l’ambassade de France à Ouagadougou ainsi que l’état-major des forces armées du Faso. Pour le ministre burkinabéen charge de la Sécurité, Clément Sawadogo, cette explosion visait une réunion du G5 Sahel. Comme d’habitude, des réactions ont fusé de toute part, aussi bien sur le continent qu’en France.

Le président du Niger, Issoufou Mahamadou, par ailleurs président en exercice de la force régionale anti-Jihadiste G5-Sahel, a fait savoir que les attaques « ne feront que renforcer la détermination du G5-Sahel et de ses alliés à lutter contre le terrorisme ». Dans un communiqué, le président guinéen Alpha Condé, très déterminé, a soutenu: « Plus que jamais l’Afrique et la communauté internationale doivent se mobiliser pour faire front commun contre cette barbarie qu’il faut définitivement neutraliser. » Par le biais d’un communiqué, le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakite a exprimé la compassion du pays de Houphouët à celui de Maurice Yaméogo. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a quant à lui, déclaré qu’il reste « debout face à l’adversité ». Selon son ministre de la sécurité, Clément Sawadogo, le bilan faisait état de 8 morts du côté des forces de défense et de sécurité et 8 morts du côté des assaillants et 80 blessés dont 3 graves. Le parquet de Ouagadougou a ouvert une enquête à ce sujet. Le bilan n’a cessé de s’alourdir. Les médias internationaux ont aussi annoncé que le président français Emmanuel Macron suit l’évolution de la situation au Burkina Faso. Selon l’entourage du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, « la situation » était « sous contrôle » à l’ambassade de France et à l’Institut français.

Mais pourquoi depuis un certain temps, les attributs de la France dans le monde sont dans le viseur des terroristes ? François Fillon a tenté de répondre à cette interrogation dans son ouvrage « Vaincre le totalitarisme islamique. » La France cultive l’exclusion à travers sa politique étrangère. Elle pense qu’elle détient la science infuse et la civilisation universelle. Dans un contexte de mondialisation, et en plein 21è siècle, cette politique d’exclusion n’a plus droit de cité. Les attaques contre la France sont donc le revers de sa politique. La France pense certainement qu’avec ses moyens militaires, elle peut en découdre avec les acteurs au service de l’intolérance. Le président de l’Institut prospective et sécurité en Europe, Emmanuel Dupuy, professeur associé de géopolitique à l’université Paris-Sud, spécialiste des questions de sécurité et de défense, et ancien conseiller au Secrétariat d’État à la défense et aux anciens combattants avait fait connaître que « la réponse militaire, si dense soit-elle, ne suffira jamais » pour défaire les terroristes.

La politique du Talion a fini de montrer ses limites. Albert Tévoédjrè, préconise dès lors, « la paix par un autre chemin ». Pour ce patriarche béninois, l’humanité ne sera vivable que si les acteurs de tous les courants religieux acceptent « le vivre ensemble » qui passe par un dialogue fécond : le dialogue interreligieux et interculturel, paraît être un gage pour la paix durable. C’est une entreprise à expérimenter pour espérer éteindre les foyers incandescents.

 Jean-Claude Kouagou