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hostieExtirper les tricheurs

Des noms de détenteurs de faux diplômes ont été rendus publics mercredi 28 février 2018 par le Conseil des ministres. Il s’agit d’agents de l’Etat qui n’ont pas pu prouver aux commissaires mis à leurs trousses qu’ils sont détenteurs de vrais diplômes. Certains ont utilisé des nombreux outils de travail qu’offre le matériel informatique pour falsifier leurs diplômes qui ne sont pas reconnus par les établissements présumés les délivrer. D’autres ont prétexté avoir acquis leurs parchemins dans de pays étrangers. Et là aussi, ils n’ont pas été capables de fournir les preuves certifiant la reconnaissance de leurs diplômes. Du coup, ils se retrouvent dans l’œil du cyclone pour subir la rigueur de la loi au motif de tricherie. Des procédures disciplinaires aux procédures judiciaires, il y a lieu d’extirper des rangs de gens de bonne foi, cette espèce qui jette de l’opprobre sur ce que le professeur Albert Tévoédjrè appelle « le bras opérationnel de l’appareil de l’Etat. »

Il est un constat que, dans l’évolution d’une langue, au fil des ans, elle subit des influences du temps. La langue française a connu des avancées du temps d’Aristote à celui de Sainte-Beuve. On parle de l’ancien français, celui des Franciens,  du français moyen des Gaulois et du français contemporain qui s’accommode aujourd’hui avec les influences des technologies de l’information et de la communication avec l’utilisation des emojis et des émoticônes, de même que la tendance en faveur du registre familier. Mais de là à ne plus vouloir se faire former et emprunter des raccourcis pour obtenir de faux documents tenant lieu de diplômes, nul doute que la société béninoise a atteint le sommet de l’immoralité intellectuelle.

Car, l’obsession à la sinécure avilit l’effort de perfection. C’est ainsi que dans tous les domaines d’apprentissage, (Littérature, Sciences sociales ou Sciences appliquées), très peu de gens s’intéressent vraiment à l’effort de perfection, aussi bien au plan théorique qu’au plan pratique. En conséquence, dans les administrations béninoises, publiques ou privées, la détention d’une qualification académique n’est plus forcément gage de la compétence correspondante. Tout le monde s’accorde à reconnaître que le niveau d’instruction a baissé. Le diagnostic posé par le président Patrice Talon a abouti à la conclusion selon laquelle « le Bénin est un désert de compétences. »

Insulte à l’intelligentsia béninoise ? Dans une certaine mesure, oui. En effet, la pensée de l’auteur n’étant pas suivie de justification ou d’une argumentation qui persuade, d’une argumentation qui reconnaît la place qui convient à l’éminente substance grise, toujours jaloux de se satisfaire de son statut d’universitaire, cela se comprend dans la confusion. Insulte au gotha et au gratin qui animent l’administration publique, non. Car, beaucoup sont carentiels et incompétents. Tricheurs, cancres et partisans de moindre effort. Les vérifications de l’authenticité de diplômes révèlent chaque fois qu’il y a des titulaires de faux diplômes au pays baptisé « quartier latin de l’Afrique ». Ils sont nombreux les tricheurs tapis dans les administrations de la fonction publique, inefficaces au travail et qui n’excellent que dans l’art des magouilles et des concours frauduleux.

Ce type de fonctionnaire de l’Etat est pervers pour l’administration publique au service d’une Nation qui se construit. Ce type de fonctionnaire de l’Etat, est une véritable gangrène qu’il faut circonscrire et traiter sans ménagement. Ce type de fonctionnaire de l’Etat, aussi chimère qu’une hydre est un montre dont il faut sectionner les organes et l’anéantir par tous les moyens. Les mesures prises à l’encontre des mis en cause doivent être conséquemment exécutées. Assurément, qu’il y en a aussi dans le secteur privé et qu’il faut trouver des mécanismes pour les y extirper. A l’ère des compétences affirmées, il faut nettoyer les écuries d’Augias.

 Jean-Claude Kouagou