Spread the love

hostieApartheid à la Gaule

Décidément ! Encore les Français ? Ces gens civilisés jusqu’à la moelle des os ? Il faut se munir d’une bonne dose de patience et s’armer de courage pour supporter ces violences verbales et écrites. Au bout du compte, on se rend à l’évidence que certains Français ne méritent pas l’épithète « civilisés ». Une femme députée au Parlement français a été récemment victime d’attaques racistes. Ces propos tenus non revendiqués contenus dans un tract ont été publiés sur des réseaux sociaux. Ils illustrent bien ce que disait Aimé Césaire dans « La tragédie du roi Christophe » : « Les Français, et cela ne laisse pas de créer une situation dangereuse, nous tiennent en mince estiment. »
Et pourtant, depuis le temps de Jean Amadou Tigana, de Basile Boli, de Abédi Pélé, jusqu’à celui de Didier Drogba, Samuel Eto’o, Kylian M’Bappé, les équipes françaises de football n’ont jamais évolué sans les Noirs. Et pourtant, ces gens civilisés ne peuvent se passer de l’Afrique et de ses Nègres. Quand le Français a besoin de matières minières, il sait se rendre sur le continent noir. Quand il y séjourne, il ne peut résister aussi longtemps au charme de ces créatures aux allures majestueuses, aux courbes et rondeurs des femmes africaines convoquant dans la pudeur catholique, tout expatrié provenant de la Gaule à décliner son identité, dans le seul but d’accéder au temps obscur de la négresse. Fatou Diomé écrit avec regret dans « Le ventre de l’Atlantique » ce qui suit : « Il m’avait vue partir au bras d’un Français après de pompeuses noces qui ne laissaient rien présager des bourrasques à venir. » C’est ce qui inspira plus tôt Cheikh Anta Diop à titrer un de ces ouvrages « Civilisation ou barbarie » où il rétablit l’histoire réelle de l’Afrique.
Malgré cela, le Français, s’estime encore et toujours supérieur à l’homme noir et ceci en plein 21ème siècle, à l’ère de la mondialisation de l’économie. Il faut être inculte des temps modernes pour le soutenir. Il faut être intellectuellement plus laid que les hommes du précambrien, premiers australopithèques, ancêtre de l’Homo erectus et de l’homo sapiens pour refuser de se départir des préjugés qui arrièrent le monde à la recherche perpétuelle des facteurs de paix durable. Aimé Césaire avait fait observer : « ce qui fait question, c’est le racisme ; c’est la recrudescence du racisme dans le monde entier ; ce sont les foyers de racisme qui, çà et là, se rallument. » Ce sont en particulier, les grandes flambées jadis, d’Afrique du Sud et de l’apartheid.
« Après tout, la civilisation n’a jamais été faite jusqu’à présent que par des Blancs. L’Europe devenue jaune, il y aura certainement une régression, une nouvelle période d’obscurcissement et de confusion, c’est-à-dire un second moyen Age. » Ce propos péremptoire et péjoratif que rapporte Aimé Césaire dans le « Discours sur le colonialisme » atteste de l’étroitesse d’esprit du Toubab. Césaire professe alors : « c’est pour que désormais il n’y ait plus de par le monde une jeune fille noire qui ait honte de sa peau et trouve dans sa couleur un obstacle à la réalisation des vœux de son cœur » qu’il trempe son porteplume dans l’encre. Il est temps de ramener à la raison ces Toubabs qui se croient toujours supérieurs aux autres races. Car, la réalité, il n’y a scientifiquement qu’une seule et même espèce humaine. Ne pas le savoir et l’admettre relèverait d’une certaine hérésie, de la myopie intellectuelle et de l’inculture.

 Jean-Claude Kouagou